BloguesPatrick Ouellet

Veni, Vidi, Ouï

 
Émilie Clepper

En chemin vers le Pigeonnier pour voir les spectacles d'Elliott Brood et Wilco, on s'est arrêté sur le parvis de l'Église St-Jean-Baptiste pour entendre la jeune chanteuse Émilie Clepper, à l'affiche dans le cadre du Off. D'une voix d'abord frêle sur un jeu de guitare pas tout à fait assuré, la charmante petite dame s'est rapidement mise à l'aise, laissant libre cours à son timbre pur et souriant sur de jolies chansons folk. Appuyée par une choriste générant des harmonies vocales en parfaite symbiose, Clepper s'est montrée touchante et inspirée, démontrant un potentiel inouï. Très certainement à suivre.


Elliott Brood
 

Le trio ontarien Elliott Brood s'est présenté devant un Pigeonnier encore bien tranquille en ce début de soirée où quelques cumulus bourgeonnaient dangeureusement à l'ouest. Mais nos fins instincts de météorologue ont à nouveau été déjoués, Dieu merci! Délivrant un country-folk à base de banjo, guitares sèches et voix écorchées, Elliott Brood ratisse les deux extrémités du spectre ambiant, passant des sinistres ballades aux envolées festives et dansantes. Si les trois bougres seront finalement parvenus à faire giguer le parterre, leur musique se prête toutefois peut-être davantage à une fin de soirée bien arrosée dans un vieux saloon miteux et enfumé.


Jeff Tweedy
 

On souhaitait depuis longtemps la venue de Wilco à Québec. Mais Jeff Tweedy et ses cinq musiciens auront vite fait oublier la longue attente. Si je laisserai ici à mon collègue-expert Yankee-David-Hotel-Desjardins-Foxtrot le soin de vous décrire plus en détail la saisissante prestation (voir plus haut), je me permettrai tout de même d'encenser les

 
Wilco

instrumentistes de grand talent, les sonorités plus qu'exquises et le répertoire des plus copieux. Les absents ont vraiment eu tort.

 
Holden

Descente vers l'Impérial pour goûter aux très belles chansons du groupe français Holden, en visite au Québec pour la première fois. Portées par la voix céleste d'Armelle Pioline, les musiques s'élèvent tout en douceur au son des planantes guitares de Mocke, les jeux appliqués d'Evan Evans (clavier, voix), Cristobal Carvajal-Rastello (basse, claviers, percussions) et Pierre-Jean Grappin (batterie) enveloppant le tout avec justesse et subtilité. On aimait bien le disque (Chevrotine, 3ème essai) mais, contrairement à certains, on succombe davantage à la magie du concert.

 
Call Me Poupée

Vint enfin la formation montréalaise Call Me Poupée, plongeant l'Impérial dans une ambiance sixites aux effluves surf-psychédélique ma foi des plus crédibles, merci aux claviers, guitares et amplis d'époque. S'il est vrai que les ennuis techniques ont brisé le rythme à quelques reprises, Poupée (voix, guitare), Ken Fortrel (guitares, claviers), Cocktail (voix, tambourine, danse sexy) et leur batteur livrent une pop rétro fort divertissante, quoiqu'un brin de rodage supplémentaire ne ferait pas de mal.