Enfin, en guise de conclusion, passage au Pigeonnier pour entendre Hot Hot Heat et leurs invités, puis fiesta ultime à l'Impérial en compagnie de Senor Coconut et Uberko.
Lesbo Vrouven |
Sam Murdock Photo: Marie-Michèle Cyr |
Le trio de Québec Lesbo Vrouven a lancé la soirée en force avec son trash-rock discoïde, mené par les fermes cadences de Max Vrouven (batterie), les lignes de basse bien grasses de Hugo Lebel (Les Goules, Headache 24) et le numéro toujours divertissant de l'indicible Sam Murdock (voix, guitare, esprit de scène), également à la tête de l'ensemble néo-classique-ambiant (swedish) Death Polka. Qu'il s'agisse de sauter partout, d'escalader les structures scéniques, de dompter avec attitude sa guitare électrique ou d'y aller d'un solo de coeur bien senti, Murdock le fait avec abandon et conviction, trouvant avec ce Lesbo Vrouven un projet plus entraînant, accessible et davantage concis.
The Besnard Lakes |
Suivirent les montréalais The Besnard Lakes, accompagnés du guitariste Jonathan Cummins (Bionic, ex-Doughboys), venus présenter leurs grandes fresques rock psychédélique. Si les bribes d'enregistrement préalablement entendues laisser présager beaucoup de bien, force est d'admettre que la transposition sur scène n'est pas de tout à fait au poil. Les riches sonorités de guitares et de claviers constituent certes un attrait non négligeable, mais il semble que l'agencement des divers éléments et surtout le rendement des harmonies vocales nécessitent encore passablement de travail en répétition.
The Secret Machines |
On ne connaissait que de nom la formation américaine The Secret Machines avant que les trois musiciens ne se présentent sur scène. Brandon Curtis (claviers, basse, voix), son frère Ben (guitare, voix) et le batteur Josh Garza ont visiblement écouté beaucoup de musique progressive et de hard rock des années '70, en rendant un condensé modernisé plutôt intéressant, délivré avec tonus et cohésion. Les guitares fortes et bien définies se fondent agréablement aux épaisses nappes de claviers, soutenus par des rythmiques simples mais percutantes, grâce tout particulièrement à l'immense et tonnante grosse caisse qui aurait sans doute énormément plu à John Bonham. Planante surprise.
Puis vinrent les britanno-colombiens Hot Hot Heat, têtes d'affiche pour cette dernière soirée au Pigeonnier, venus présenter le meilleur de leur pop rock à saveur alternative, incluant le matériel de leur plus récent essai, Elevator (2005).
Hot Hot Heat |
Si les quatre musiciens font preuve d'une bonne chimie et d'une présence scénique adéquate (l'habile chanteur-claviériste Steve Bays en tête, même si certains gestes ont été un peu trop calqués sur Mick Jagger), l'on aura malheureusement pas été reconquis par la musique du quatuor, qui nous avait d'abord séduit avec quelques titres de son premier long jeu, Make Up The Breakdown. Correct mais sans plus.
Enfin, histoire de bien nous achever, nous avons regagné l'Impérial pour voir et entendre Senor Coconut puis Uberko. Très amusante formule que celle de ce monsieur noix de coco; grand maestro en complet blanc immaculé dressé derrière son laptop au centre arrière de la scène, guidant cuivres, vibraphones, percussionniste et chanteur-meneur de foule au gré d'un répertoire lounge-tropical constitué de relectures diverses telles Smooth Operator (Sade), Smoke On The Water (Deep Purple) ou l'Autobahn de Kraftwerk, avec une saisissante imitation de sons de voitures par l'ensemble de cuivres. Uberko et sa bande semblaient bien en forme pour poursuivre la soirée dansante, mais après quelques pièces, l'heure tardive, la fatigue accumulée et les tombées du lendemain ont eu raison de ce qu'il restait de votre humble serviteur, parti s'effondrer chez Morphée, espérant avoir la chance de revivre un festival aussi mémorable.