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En as-tu vraiment besoin?

Les finances personnelles, c’est plus qu’un budget, c’est une réalité quotidienne la vie. J’ai écrit ce livre à l’origine parce que je voulais pouvoir dire à quelqu’un « lis ça et on s’en reparle » au lieu d’exposer mon point pendant une heure. Un sondage Crop commandité par Universitas (on comprend pourquoi), démontre aujourd’hui que « 40 % des parents d’enfants d’âge mineur estiment qu’ils s’endetteront de 500 $ à 1 000 $ cette année, et le quart des répondants (24 %) affirment qu’ils se serviront d’une partie de leur Allocation canadienne pour enfants pour couvrir ces dépenses ».

C’est un peu triste de lire ça. Oui, la vie est difficile, mais ce n’est pas nouveau. La gestion des finances personnelles sera toujours un enjeu, mais c’est encore plus important aujourd’hui, dans un contexte de précarité de l’emploi, de mondialisation, de faibles taux d’intérêt et de nécessité de prise de risque. Ce n’est pas en augmentant le salaire minimum que l’on change quelque chose à moyen et long terme. Pourquoi? Parce que les prix sont en fonction de l’équilibre entre l’offre et la demande. Si plus de personnes peuvent payer davantage pour une offre constante, le prix augmente. Le prix des maisons est un bon exemple, la hausse est liée à la capacité de payer et de s’endetter : la baisse des taux d’intérêt a généré plus de gens capables et désireux de payer un montant plus élevé qu’avant. En somme, pour améliorer sa réalité comme classe moyenne, il faut penser différemment, se créer une marge où les autres ne se donnent pas de chance. Pour retrouver de la liberté, il faut changer de mode de vie. Ce n’est pas de la morale ou de la pensée magique, c’est factuel.img_3355

J’ai un ami qui a perdu une quantité importante de poids. Il a changé sa façon de consommer de la bouffe. Il est retourné à la base : il voulait comprendre pourquoi  on a généralement un rapport malsain avec la bouffe. La consommation, c’est un peu la même chose. Qu’est-ce qui nous pousse à avoir un besoin de dépenser à outrance ?

En ce vendredi trop fou, en cette période des fêtes qui perd son sens, pourquoi ne pas en profiter pour juste « crisser les freins ». Juste prendre le temps d’être. Être responsable financièrement, ce n’était pas à la mode, consommer l’était. Et puis, en lisant vos courriels et en vous rencontrant sur la rue, je me rends compte que vous avez ce désir de changer de vie. Ce désir de reprendre le contrôle de votre liberté financière.

Vivre dans la consommation, ce n’est pas la liberté. Personne ne va me faire croire que faire des paiements chaque mois et cumuler du stress et des dettes, c’est de la liberté. Non, la liberté, c’est d’avoir une marge de manœuvre, pas de porter les vêtements financés à 19,99%.

Je ne blâme personne. La société a voulu qu’on vive comme ça. La consommation, ça fait rouler l’économie. Au nom d’une hiérarchie des savoirs, on a décidé que la vie financière s’apprenait sur le tas, comme le vélo. Le problème, l’équilibre financier est beaucoup plus complexe que l’équilibre physique. L’équilibre financier, c’est comme rouler à vélo avec des obstacles partout et des gens qui tentent de vous faire tomber de votre scelle en vous poussant de tous les côtés.

Oui, je pense qu’on devrait apprendre sur les finances et l’économie au primaire, au secondaire, au cégep et à l’université. Toute matière peut être passionnante quand elle est enseignée avec intérêt. Garder les gens dans l’ignorance des impacts financiers des choix personnels, c’est garder une population prisonnière des choix faits à l’âge où l’on ne sait pas réellement ce que l’on veut. Mon livre ne parle pas de simplicité volontaire, mais d’optimisation des choix financiers. Il ne parle pas de devenir radin, mais d’allouer les dollars inutiles vers les dollars utiles. Pour certains, c’est un coup de 2×4 en plein visage à moins 20 degrés Celsius.

On dépense 1000$ rapidement, sans réfléchir, sans penser. Quel est le coût de renonciation sur ma vie? Suis-je en train de me saigner toutes ces heures au travail pour me payer ce 1000$? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle? En ramenant les dépenses en heures, on s’aperçoit que l’on s’encubicule. Personne ne nous force, on le fait volontairement au nom d’on ne sait quoi.

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Aujourd’hui, au vendredi fou, je n’ai rien acheté. Je n’ai pas regardé les soldes. Non, aujourd’hui, je n’ai été l’esclave de personne. Aujourd’hui, je me suis affranchi un peu plus de l’obligation de travailler pour la prochaine paye. Aujourd’hui, j’ai levé le majeur bien haut face au conditionnement provoqué par le marketing du commerce de détail. Je regarde passer le train, pour retrouver un peu de légèreté, comme le chantent si bien les Cowboys fringants. Aujourd’hui, je suis libre. Du moins, j’ose me faire croire que j’en ai l’impression.

NB : Ceci est une «selfie-chronique » assumée.