Le revolver porte une brassière, la première pièce de théâtre de L'Abattoir, s'avère un exercice de style réussi. Écrire une pièce à partir de son titre n'assure pas une grande profondeur, mais je suppose que ce n'était pas le but recherché par Mathieu K. Blais, l'auteur de ce bien étrange objet théâtral. Il a créé des personnages plutôt originaux et les répliques avaient du mordant. Toutefois, une histoire au cours de laquelle les personnages entrent un à un sur scène pour ensuite en ressortir de la même façon, ça ne peut qu'être simpliste.
Je m'attendais à être dérangé par le jeu des comédiens (tous des amateurs). Or, ce ne fut pas le cas. Marie-Michèle Côté-Dion en Gisèle Monvideo a volé le show avec une performance «clownesque» impeccable. Pour les autres, ça manquait parfois de prestance (certaines répliques ne se rendaient pas jusqu'à la dernière rangée où je me trouvais), mais ils n'ont pas à en rougir. Je leur lève mon chapeau!
La mise en scène aurait bénéficié d'un minimum d'éléments scéniques. L'absence de décor aurait dû être compensée par des effets scéniques d'envergure (surtout lorsque tous les comédiens étaient sur scène). Ça piétinait un peu lors des déplacements. Tout de même, Mylène V. Rioux a le mérite d'avoir dirigé des amateurs pour obtenir au final, une première production de qualité pour L'Abattoir.
Sherbrooke comporte désormais un nouveau joueur sur son échiquier théâtral.
Pour ma part, j’ai trouvé cet objet théâtral plutôt difficile à avaler, le jeu inégal des comédiens n’aidant pas à la cause du trip de l’auteur. D’ailleurs, un écrivain visité par ses personnages: n’est-ce pas là un gros cliché, même s’il est habillé d’absurde?
Je ne regrette pas ma soirée. Il est toujours intéressant de goûter aux fruits de la créativité d’artistes de chez nous. Et le personnage de Gisèle, ainsi que quelques répliques, m’ont bien fait rigoler. Mais, de là à compter L’Abattoir comme un nouveau joueur de l’échiquier théâtral sherbrookois: j’ai des réserves. Peut-être qu’une 2e production parviendrait à me convaincre.
Madame Giguère!
Vous êtes bien trop sévère! Ce ne fut peut-être pas la meilleure pièce de l’année mais de là à mentionner que vous aviez des réserves et des doutes sur le fait que L’Abattoir fasse partie de l’échiquier théâtral Sherbrookoise…. Voyons donc! Il faut leur laisser une chance!
Je suis par contre d’accord avec vous et M. Petit que le talent et le jeu des comédiens n’était pas uniforme, mais je crois qu’il y avait des éléments forts. J’ai écouté, pendant l’entracte, quelques spectateurs jaser et ils ont mentionner qu’il y avait parmis la distribution quelques étudiants en art dramatique. (2 ou 3)
À mon avis, les éléments forts sont le Précis (Guillaume Gosselin) et L’exécuteur, (Steven Bolduc) , et Gisèle (M-Michelle Côté-Dion) Leur jeu était égale et soutenu. Les autres… bon, excellent quand même, mais plus faible en intensité je dirais.