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Soirée théâtrale à L’Abattoir

Le revolver porte une brassière, la première pièce de théâtre de L'Abattoir, s'avère un exercice de style réussi. Écrire une pièce à partir de son titre n'assure pas une grande profondeur, mais je suppose que ce n'était pas le but recherché par Mathieu K. Blais, l'auteur de ce bien étrange objet théâtral. Il a créé des personnages plutôt originaux et les répliques avaient du mordant. Toutefois, une histoire au cours de laquelle les personnages entrent un à un sur scène pour ensuite en ressortir de la même façon, ça ne peut qu'être simpliste.

Je m'attendais à être dérangé par le jeu des comédiens (tous des amateurs). Or, ce ne fut pas le cas. Marie-Michèle Côté-Dion en Gisèle Monvideo a volé le show avec une performance «clownesque» impeccable. Pour les autres, ça manquait parfois de prestance (certaines répliques ne se rendaient pas jusqu'à la dernière rangée où je me trouvais), mais ils n'ont pas à en rougir. Je leur lève mon chapeau!

La mise en scène aurait bénéficié d'un minimum d'éléments scéniques. L'absence de décor aurait dû être compensée par des effets scéniques d'envergure (surtout lorsque tous les comédiens étaient sur scène). Ça piétinait un peu lors des déplacements. Tout de même, Mylène V. Rioux a le mérite d'avoir dirigé des amateurs pour obtenir au final, une première production de qualité pour L'Abattoir.

Sherbrooke comporte désormais un nouveau joueur sur son échiquier théâtral.