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2016, année de stabilisation pour la BD

rapport2016couv-212x3002016, une année stable pour la bande dessinée dans l’espace francophone européen.

Voilà le constat qui se trouve au cœur du Rapport 2016 de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), tel que rédigé et coordonné par Gilles Ratier.

Ainsi, à quelques dizaines de titres près, la production BD de 2016 ( et ses 5305 livres, dont 3988 strictes nouveautés) est sensiblement la même que celle de l’année précédente.

Il s’en dégage donc l’impression que le 9e art a trouvé peu à peu sa place au sein de l’industrie culturelle, autant que ses acteurs ont su trouver un rythme de production. Cela dit, dans un monde en constante mutation économique et artistique, on parle aussi d’une multiplication des valeurs sures allant dans le sens des goûts d’un large lectorat, alors que les tentatives innovantes ou risquées financièrement tendent, elles, à se raréfier ou à se retrouver, de manière plus large, dans des marchés de niches ou des nouveaux modes de diffusion du livre.

Comme à l’habitude, malgré un bon nombre d’éditeurs actifs dans le domaine (384 en 2016), c’est une quinzaine de structures d’éditions (dominées par trois groupes majeures) qui dominent l’activité du secteur BD, avec 67,3% de la production annuelle. Avec toujours un bon apport des publications étrangères (2302 en 2016) – une production venant de 36 pays, largement dominée (90,9% des nouveaux opus traduits) par la zone asiatique (1541 titres) et américaine (552 titres). Une constante face aux années précédentes, cela dit. Un peu comme pour le secteur de la réédition – qui a offert 964 nouvelles éditions ou éditions intégrales. « Seul augmente le nombre de reprise de héros d’autrefois, avec 57 séries qui se perpétuent au-delà des disparitions ou de l’abandon par leurs créateurs », indique le rapport.

Côté tirage, 95 albums ont été tirés à plus de 50 000 exemplaires en 2016 (comparativement à 88 en 2015), dont 59 issues de la sphère franco-belge. Hors comics ou manga, on trouve donc en tête du palmarès des tirages des séries telles Lucky Luke, Blake et Mortimer, Lou!, L’Arabe du futur, Les Légendaires, Thorgal, XIII, Les Carnets de Cerise, Les Sisters et Seuls. Côté comics, sans surprise c’est Walking Dead qui est en tête, alors que côté manga, les habituelles vedettes (Naruto, One Piece, Fairy Tail) font fasse à l’arrivée d’importantes nouveautés : One-Punch Man, My Hero Academia ou Platinum End.

« À quelques exceptionnels nouveaux succès près, les chiffres de tirage initial des locomotives du secteur continuent de diminuer : une baisse qui s’explique, en partie, par une certaine lassitude du public, mais aussi par l’ajustement des dépenses d’impression. Les éditeurs tirent seulement ce qu’ils espèrent être les ventes d’une première année de mise en place et le perfectionnement des machines permet des retitrages plus rapides, pour un coût moins important qu’autrefois. »

Pour le reste, c’est 1419 auteurs qui sont actifs et qui arrivent à vivre de leur métier, actuellement, dans la sphère européenne francophone – alors que 1597 dessinateurs ou scénaristes ont réussi à publier au moins un album en 2016.

Enfin, côté numérique, c’est toujours le marché BD peine à trouver ses marques.

En effet, « si la part de la diffusion des livres digitaux est passée en moyenne, de 4% à 5% entre 2015 et 2016, pour l’ensemble de l’édition, elle ne dépasse guère 1% dans la seule bande dessinée ». Et pour ce qui est de la production Web, le rapport constate qu’on ne peut plus vraiment parler de la blogosphère BD, « car la communauté s’est déportée vers les réseaux sociaux » comme Facebook, Tumblr ou encore Instagram.

Voilà pour le survol.

Si vous souhaitez lire le détail, c’est sur www.acbd.fr.