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Restos / Bars

Ariel : Les nouveaux caprices d'Ariel

Sur les cendres des Caprices de Nicolas, renaît Ariel, bar à vins, cuisine locale.

La rue Drummond n’est pas le premier endroit auquel on pense lorsque vient le moment de choisir un restaurant. Un peu trop excentrée, un peu trop chic, un peu trop désertée le soir venu. Et pourtant…

Les amateurs de tables montréalaises exceptionnelles se souviennent encore du restaurant où le regretté Nicolas Jongleux a débuté sa carrière de chef à Montréal et le 2072, rue Drummond évoque bien des moments magiques passés à table. Presque une demi-douzaine de chefs plus tard, la maison vient de rouvrir sous un nouveau nom: Ariel, bar à vin, cuisine locale. Tout un programme.

Côté casseroles, on a abandonné la très haute gastronomie française pour se concentrer sur une cuisine du marché tout aussi intéressante. Décor revampé, très simple et dégagé et, aux murs, de magnifiques toiles de Carole Bernier, star québécoise de la palette. Souper en face d’un de ces tableaux est une fête additionnelle.

La carte des vins a été nettoyée des bouteilles les plus inabordables et propose beaucoup de très beaux choix à prix plus à la portée du porte-monnaie normal. La cuisine est effectivement locale, ce qui de nos jours est plein de promesses savoureuses. Promesses qui sont tenues ici.

Un samedi soir d’automne, la salle est pleine. Beaucoup de têtes argentées et de dames en tailleurs très classiques, quelques cravates aussi, mais l’ambiance demeure bon enfant même si on est loin du public étudiant qui peuple les petits restos du coin. Ariel n’est effectivement pas un petit resto. Ce serait plutôt le genre d’endroit où l’on viendra passer un moment à table pour déguster des plats soignés et généralement réussis. Avec l’idée que, pour une fois, on peut se payer un petit luxe.

Carte courte, claire, bien tournée avec des propositions variant selon les saisons et l’inspiration du moment. Des choses amusantes et fort à-propos, par exemple cette très belle soupe de potiron, soulignée d’une touche de crème de mascarpone. Onctueuse, quelques idées d’oignon, deux ou trois gouttes de lait et, couronnant l’assiette, un croûton délicieusement croûtonné. Belle rampe de lancement pour un souper en amoureux.

De l’autre côté de la table, le garçon, très BCBG et très efficace, dépose une élégante assiette de crevettes en croûte de kataifi. Quatre crevettes dodues, cuites à la perfection, déshabillées et pudiquement drapées de cette pâte en fins vermicelles qui nous vient de Grèce. Ici aussi, cuisson impeccable et mariage réussi. La longue assiette est complétée par quelques savoureuses feuilles de salade verte, décorée d’une vinaigrette au balsamique blanc et, dans un joli ramequin, une superbe mayonnaise à la glace de homard. On aurait le goût que le temps s’arrête tellement tout est parfait.

Quelques plats intrigants aussi comme ce macaroni au homard. Intrigant et jouissif tant l’équilibre est atteint. Sur une tombée d’épinards à peine blanchis, une galette de macaronis gratinés, sauce béchamel et parmesan, d’énormes morceaux de homard et trois ou quatre feuilles de chou de Bruxelles pour décorer le tout. Décoration de bisque de homard à s’en lécher les doigts et l’on est partis pour des sommets extatiques.

L’espadon en croûte d’épices, (piment de Cayenne, paprika, fenouil, cumin et poudre de chili), bien que très acceptable, frise moins les sommets. Il y a bien ces asperges, soulignées de vinaigrette de tomates fraîches (tomates, câpres, olives) et cette petite purée de topinambours, mais la chair du poisson est, comme c’est souvent le cas avec l’espadon, trop dure et trop anonyme.

Rendus là, on prend du dessert uniquement pour pouvoir vous en parler, car les portions sont généreuses et l’extase commence à fatiguer le client peu habitué ces derniers temps à planer aussi haut à table. Pavé au chocolat, base de chocolat 75 % et feuillantine, ganache au chocolat 70 % et couverture chocolat. Une bombe. Et un baba au Navan (liqueur légèrement vanillée), version rue Drummond du baba au rhum plus classique, crème pâtissière à la vanille, zestes d’oranges confites, sirop au Navan. Une deuxième bombe.

On sort de table souriants, repus, heureux. L’addition est un peu lourde, mais on est samedi, soir de fièvre pour tout le monde, restaurateurs inclus. Pour moins cher, on se promet de revenir ici un midi (menus à 24 $) puisque les propositions ont l’air tout aussi irrésistibles.

Ariel
2072, rue Drummond
514 282-9790

Ouvert à midi du mardi au vendredi et en soirée du lundi au samedi. À midi, comptez une cinquantaine de dollars pour deux personnes, avant boisson, taxes et pourboire. Le soir, doublez, comme le veut la tradition sous nos climats.

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