"Avec de la boisson, tout est plussssss bon!" On croirait entendre un vieux mononcle avec un verre dans le nez, tentant de flamber des crêpes avec trop de brandy. La cuisine avec de l’alcool nécessitant un peu de doigté et un soupçon de discernement, je vous propose un petit débroussaillage coquet pour cuisiner avec de la boisson.
Les règles sont simples:
1- Cuisinez avec des produits sains que vous seriez prêts à boire. Du vin bouchonné réduit, c’est un concentré de goût de bouchon… Vous me suivez?
2- Utilisez des alcools que vous aimez. Si vous haïssez le gin, vous ne trouverez pas ça meilleur dans une marinade de gibier.
3- Soyez sages! Trop, c’est comme pas assez. On mange des crêpes flambées et non du brandy aux crêpes…
VIN, BIÈRE OU FORT?
Le vin: Qu’il soit rouge ou blanc, le vin sert bien pour les marinades. Son faible contenu d’alcool évite de brûler les chairs et de casser certaines fibres au braisage. Pensez boeuf bourguignon. Une pièce dure, marinée et cuite dans ce jus, donne un parfum intense et une chair tendre. Le vin en dessert est aussi une chouette option. Une tasse de vin rouge et une tasse de sucre bouillis ensemble donnent un beau sirop pour nos petits fruits de saison. Une salade de fruits de course! Ce même sirop, avec les arômes du vin chaud, pourra faire une belle poêlée de poires. Avec une glace vanille de chez Savoroso, vous ferez sensation.
La bière: Elle aussi marine bien. Au braisage, elle libère ses parfums amers et épicés. Les Belges ont la carbonnade comme plat phare, avec cassonade et oignons caramélisés. D’une élégante robustesse. Pour un entremets intéressant, un granité de blonde à la limette, ça rafraîchit les idées lors d’un gros repas. Pour quatre, prenez une bière blonde, le zeste et le jus d’une limette, ainsi qu’une grosse cuillérée de miel. Bien fouetter et congeler en terrine, gratter à la fourchette au moment de servir, et voilà! Comme c’est sophistiqué!
Le fort: Les alcools distillés, c’est puissant, mais plein de parfums. Dans certains cas, flamber est d’usage pour brûler l’alcool. Certaines sauces en ont besoin pour demeurer gracieuses. Dans d’autres cas, cette sensation forte est très agréable et même, en tordant un peu, appropriée. Pensez à un beau baba au rhum imbibé de sirop, que l’on arrose une dernière fois de son meilleur rhum agricole… Un grand moment! On ne gagne pas à cuire trop longtemps les alcools forts. Leurs parfums se dissipent. Un doigt de pastis à cru en fin de cuisson ne fait jamais de tort.
En suivant ces règles, vous passerez du bon temps à cuisiner la boisson. Et surtout, n’oubliez pas l’apéro!