Restos / Bars

Brasserie La Korrigane : Pour l'amour du houblon

Ambiance décontracte, décor où cohabitent le moderne et l’ancien, recettes familiales top secrètes. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’en moins d’un an La Korrigane devienne la Mecque des amateurs de bière.

Catherine Dionne-Foster, propriétaire de la brasserie, est tout sourire. On la sent fière du chemin parcouru, mais (et surtout) passionnée. Géologue de formation – elle a pratiqué son métier dans le Grand Nord pendant un certain temps -, la belle Saguenéenne à l’accent chantant avoue avoir toujours été fascinée par le malt, le houblon. Par tous les ingrédients et les techniques relatives à la concoction de la bière, en fait. Un art que son père a développé bien avant elle, dans le sous-sol de la maison familiale. Passe-temps qui s’était transformé en gagne-pain pour M. Foster, quatre ans avant qu’il ne prenne sa retraite et ne cesse de vendre ses produits au Café Victoria, à La Baie. Si l’héritage du père Foster a presque monopolisé l’attention des médias depuis l’ouverture de La Korrigane, on peut désormais saluer le talent de Catherine qui, en moins d’un an, est parvenue à forger sa propre identité d’entrepreneure. Un exploit en soi.

Peu de gens savent que c’est en fait l’amour qui a mené Catherine Dionne-Foster jusqu’à Québec. D’abord, ce coup de foudre pour Saint-Roch, mais tout particulièrement pour un gars du quartier, Guillaume Carpentier, sans qui elle aurait sans doute ouvert sa brasserie à La Baie, ou quelque part d’autre au Saguenay, pour rendre hommage à l’héritage paternel à sa façon.

Une manière qui sort cependant des ornières tracées par le paternel. "C’est très différent", insiste-t-elle, précisant qu’elle n’a conservé de son précieux héritage que le nom et les recettes.

Tout le reste, du local au menu (presque entièrement composé de produits locaux ou bio) en passant par les visites guidées de la place, c’est venu d’elle. "Les gens nous connaissent moins pour la vocation éducative de la place. On veut faire découvrir la bière, en faisant visiter. Les groupes de voyageurs ont répondu à l’appel, comme l’Office du tourisme qui a amené des journalistes de l’étranger ici pour leur montrer c’est quoi Québec." Flatteur, certes. Mais ce n’est qu’un infime aperçu des fleurs qu’on lance à La Korrigane depuis son ouverture, en juillet 2010.

Un succès retentissant, et incroyablement rapide, qu’on pourrait facilement attribuer à la convivialité de l’endroit, à son accueil typiquement saguenéen transposé en pleine ville. Sauf que ce qui différencie surtout la brasserie des autres, c’est que c’est une adresse sans étiquette ni clientèle type. "Je voulais que ce soit à l’image du quartier, que tous les types de gens se sentent à l’aise", raconte Catherine.

Malgré cela, certains groupes y font leur nid. L’endroit est en train de devenir un véritable lieu de diffusion pour les artistes visuels. D’abord avec l’exposition des oeuvres d’un artiste différent chaque mois, mais aussi avec la publicité du lieu, pensée par Cossette et devenue virale sur Internet dans le temps de le dire. Un concept – repris par Chevrolet et Converse – qui consistait en fait à inviter des illustrateurs à dessiner à la main les pubs qui allaient être distribuées dans 1000 exemplaires du Voir le lendemain. Les bédéistes de Québec Pierre Bouchard, Francis Desharnais et Pierre Girard, pour ne nommer que ceux-là, avaient tous répondu à l’appel ce soir-là. "C’est plate, on a gagné des prix hyper prestigieux, et on en a parlé partout dans le monde. Mais pourquoi aucun média n’en a parlé ici?" questionne la belle brasseuse.

Brasserie La Korrigane
380, rue Dorchester
418 614-0932
www.korrigane.ca