L'Entrecôte Saint-Jean
Restos / Bars

L'Entrecôte Saint-Jean

Faisant fi des tendances, L’Entrecôte Saint-Jean compte parmi les tables qui ancrent leur renommée dans des valeurs sûres et immuables.

Entendons-nous, ce n’est pas ici que vous dégusterez un parfait d’oursin ou un espuma de topinambours au sapin. Mais ça ne signifie pas que L’Entrecôte Saint-Jean doive passer sous votre radar. Un steak-frites de temps à autre, ça replace.

La carte ne devrait pas vous causer trop de maux de tête: hormis le classique susmentionné, dont la pièce de viande est proposée en trois formats, elle se résume à un croque-monsieur, une assiette de rillettes et terrine, du canard confit, un poisson et une volaille du jour. C’est cette dernière que je choisis, après que le serveur m’eut spécifié qu’elle était gratinée au chèvre et servie avec pâtes et légumes.

Nous n’aurons pas à craindre de rater le spectacle que nous allons voir à 20h: le service roule à un train d’enfer – parfois au détriment d’une certaine délicatesse, d’ailleurs. Il faut dire que la vénérable salle à manger, aux murs de pierre et à la patine d’antan, est loin d’être pleine, ce qui donne un coup de pouce à la rapidité. Le printemps maussade est dur pour tout le monde, même les restaurateurs du Vieux-Québec.

Mon entrée de rillettes aux deux saumons arrive peu après mon verre de rouge (Domaine de la Gardie, Barton & Guestier). Garnies d’oignon rouge et de câpres, les deux tranches de rillettes manquent de gras, mais leur goût, lui, ne manque de rien. Férue de crème de céleri – un concentré d’enfance –, je joue de la cuillère dans le bol que David ne daigne pas finir car il veut se garder de la place pour la suite. Il reçoit rapidement sa salade aux noix, soit des feuilles de laitue Boston parsemées de noix de Grenoble et nappées de vinaigrette. Difficile de faire plus simple – mais dans le cas d’une salade, ça devient vite lassant.

Il s’anime lorsque le serveur lui apporte sa gigantesque assiette d’entrecôte-frites, dont la montagne de patates lui fournira sans doute trois portions de légumes. La viande est saignante, bien saisie, et baigne dans cette fameuse sauce dont le resto affirme qu’elle est «unique en Amérique du Nord». Elle est à base de moutarde de Dijon, assurément. Et compte sur la pimpante contribution de l’estragon, je parierais là-dessus. Enfin, elle est bonne, c’est ce qui importe. Tout comme les frites allumettes, croustillantes comme on les souhaiterait toujours. Ma poitrine de poulet repose comme prévu sous un morceau de fromage de chèvre qui ne demande rien de mieux que de s’étendre. Le tout gagne en personnalité une fois trempé dans la sauce style bordelaise. Par contre, les pâtes aux herbes sont d’une navrante sécheresse; on a visiblement lésiné sur l’huile ou le beurre, à moins qu’elles aient trop patienté sous le réchaud. Pour compenser, je serai une bonne fille et mangerai tous mes légumes vapeur.

Je terminerai mon repas en me brûlant la langue sur ma poire au pernod, à laquelle je n’ai rien à reprocher sinon sa température.

Emballant /

La fameuse sauce secrète qui nappe l’entrecôte. Le considérable choix de vins, dont plusieurs offerts au verre ou en demi-litre.

Décevant /

Les pâtes aux herbes, sèches. La poire au pernod servie brûlante.

Combien? /

Pour trois services, pour deux personnes, 40$ le midi et 65$ le soir (excluant boissons, taxes et pourboire).

Quand? /

Tous les jours midi et soir.

Où? /

L’Entrecôte Saint-Jean

1080, rue Saint-Jean, Québec

418 694-0234

entrecotesaintjean.com