Les habitués de ce blogue connaissent mon amour immodéré pour Lise Payette et sa rhétorique féministe étriquée. Avez-vous lu la chronique de madame Payette dans Le Journal de Montréal de samedi dernier? Elle écrit sur les «first ladies» – Hillary Clinton, Teresa Kelly et les autres. Selon l'ex-ministre péquiste, il est important de connaître les femmes des politiciens, qui elles sont, ce qu'elles pensent, ce qu'elles font dans la vie, etc. «On ne devrait jamais élire un homme sans bien connaître celle qui partage sa vie», écrit-elle.
Imaginez le contraire. Imaginez qu'un chroniqueur écrive: «On ne devrait jamais élire une femme sans bien connaître celui qui partage sa vie.» Elle réagirait comment, madame Payette? Elle grimperait dans les rideaux. Elle dirait que ce sont des propos sexistes et paternalistes, et qu'il faut juger les politiciennes pour ce qu'elles sont et pour les idées qu'elle défendent, point, sans prendre leur mari en considération.
Bref, pour madame Payette, derrière chaque grand homme, il y a une femme. Et derrière chaque grande femme, il y a… rien. Ou une autre femme (leur mère, probablement).
Pour Lise Payette, Teresa Kerry ferait une excellente «first lady», car elle a des «opinions» et «une personnalité propre». Désolé, mais je me fous des opinions de madame Kerry comme de l'an 30, comme je me fous des opinions de Michou Charest, de Chantal Renaud ou du conjoint de Liza Frulla. Ce n'est pas le mari de Liza Frulla que les électeurs ont choisi, mais Liza Frulla elle-même. Que son mari passe la journée à faire rôtir des dindes ou à jouer à la Bourse me passe quinze pieds par-dessus la tête.
«Elizabeth Edwards (la femme de John Edwards, le co-listier de John Kerry) n'a pas attendu que son mari soit candidat à la vice-présidence pour être quelqu'un, écrit Lise Payette. Elle a mené une carrière d'avocate de renom…»
Et si Elizabeth Edwards était restée à la maison, on ne devrait pas voter pour son mari, c'est ça?
C'est le retour des Yvette. Les femmes qui restent à la maison PAR CHOIX sont des tartes. Et celles qui mènent des carrières de renom sont «intelligentes et indépendantes».
Dieu du ciel…
Lise Payette Redux
Richard Martineau