J'ai reçu un courriel d'un ex-employé de la SAQ (Martin Leblanc) qui risque de vous faire réagir!
"J'ai travaillé 7 ans à la SAQ (1989-96) et je me considérais choyé. Je poursuivais mes études en architecture à l'UDEM et je travaillais les vendredis soirs et les samedis à la SAQ. Cela me rapportait suffisamment d'argent pour payer mes études et mes dépenses. Je pouvais même me payer des stages d'études à l'étranger – mon horaire étant flexible.
Je suis sorti de l'école sans aucune dette. Je me suis trouvé un boulot (rarereté) dans une boite d'architecte et comme ça payait moins (à l'heure) que mon emploi à temps partiel à la SAQ, j'ai conservé celui-ci pendant presque deux ans.
Un jour, je me suis tanné de cette double vie et je me suis consacré à ma profession. Ce choix n'est pas si évident à faire.
Beaucoup de mes collègues «étudiants» de la SAQ ont laissé de côté, souvent sans s'en rendre compte, leurs possibilités de carrières en biologie, en maths ou autre pour tenter de devenir permanent à la SAQ. Et c'est là, le hic – les salaires de la SAQ sont souvent plus élevés que les salaires que l'on offre pour un boulot beaucoup plus compliqué dans un autre domaine!
Résultat: ça incite beaucoup de «temporaires» à briguer plus d'heures. Ils se réveillent à 27-28 ans et ne peuvent montrer un c.v. décent pour leur profession.
Un travail à temps partiel chez Zellers à 8,82$ de l'heure est en fait un incitatif à trouver de meilleures conditions dans un autre milieu.
Malgré ma solidarité vis-à-vis les syndiqués de la SAQ, je crois qu'il faut garder des conditions de travail précaires à la SAQ – sinon, qu'est ce que je dis au stagiaire qui rentre au bureau?
En attendant la résolution du conflit, je commande mon vin sur internet et je me le fais livrer au bureau par fedex. Mes tiroirs font office de mini cave à vin.
À la vôtre!"