

Road to Heaven : L’âge d’art
À quelques jours de la clôture du Festival de Théâtre des Amériques, un spectacle-surprise d’une troupe américaine s’avère notre coup de coeur (et celui de nombreux festivaliers).
Luc Boulanger
Road to Heaven
est la proposition la plus charmante (et désarmante) à laquelle j’aie assisté depuis que j’exerce le métier de critique. Au début, j’avoue avoir été un peu déstabilisé devant cette troupe d’amateurs qui interprètent des refrains de chanteurs populaires: des Beatles à Sting, en passant par les Rolling Stones et Devo. Car, à première vue, Road to Heaven ressemble à un freak show organisé dans un centre d’accueil.
Or, au bout de 10 minutes, on est séduit par l’originalité des interprétations, et on s’attache à la personnalité de chacun des membres de cette chorale formée de 25 hommes et femmes, âgés de 70 à 90 ans. Quand ceux-ci entament à l’unisson Stairway to Heaven, l’émotion nous gagne. Au son de Forever Young de Dylan, on sort les kleenex (je n’ai jamais vu autant de spectateurs pleurer dans une salle de théâtre).
Par chance, la tristesse se dissipe quand la chorale enchaîne avec Staying Alive et I Will Survive. Les poings en l’air, tels de vieux militants défiant la mort, la chorale semble frappée par le démon de midi.
Spécialement pour le FTA, la troupe américaine a préparé un Montreal Medley en guise de dessert. Quand ces jeunes de coeur donnent les premières mesures de Lindberg de Charlebois, c’est le délire! D’ailleurs, lundi soir, à la salle Pierre-Mercure, le public s’est levé à trois reprises pour leur faire l’ovation. La prestation du Young@Heart Chorus vous fera rire, chanter, taper des mains et pleurer de nostalgie… mais, surtout, de bonheur. Car le bonheur traverse l’ensemble de ce spectacle unique et inclassable. Et quand c’est une belle femme de 90 ans qui nous chante à pleins poumons de croire au bonheur, on se dit que le paradis existe bel et bien.
Dépêchez-vous, il reste encore quelques billets pour le spectacle de jeudi soir. Ce n’est pas tous les jours que le paradis descend sur terre!
Le 7 juin, à 19 h
À la salle Pierre-Mercure
Un cirque sans Frontières
L’École nationale de cirque présente son spectacle annuel sous grand chapiteau dans le Vieux-Port. Pour Marc Lalonde, directeur général de l’École nationale de cirque, c’est l’occasion rêvée pour la soixantaine d’étudiants inscrits aux programmes professionnels de cette institution unique en Amérique du Nord de concrétiser leur travail d’apprentissage.
Cette année, leur création, à l’affiche du 5 au 10 juin, s’intitule Frontières. Elle s’est élaborée autour du thème de la ville. "Les frontières urbaines sont celles qui divisent la marge de la normalité; les exclus des gens actifs; le sol de l’aérien", explique Marc Lalonde. Frontières a été conçu et mis en scène par deux artistes professionnels, Yves Dagenais (Omer Veilleux) et Rénald Laurin, en collaboration avec les étudiants et les enseignants. Pour le public, c’est aussi l’occasion de voir un spectacle de cirque de qualité (et bon marché), en plus de repérer la relève des grands cirques québécois: du Soleil, Éloize ou Eos.
Jusqu’au 10 juin
Quai de l’Horloge, Vieux-Port de Montréal