Testament : Drôle de drame
Scène

Testament : Drôle de drame

Avec son histoire artificielle et ses personnages stéréotypés, Testament pourrait aisément appartenir à l’univers des sitcoms. Mais cette pièce longuette – et pas vraiment drôle – semble hésiter entre la comédie, les bons sentiments et quelques thèmes plus sérieux (telle la violence envers les gais), sans rien mener à terme.

Avouons qu’il faut une bonne dose de courage pour présenter du théâtre en cette saison à la salle Fred-Barry. L’enthousiasme, ce n’est pas ce qui semble faire défaut à l’équipe de Production Testament, qui présente une troisième mouture de la pièce éponyme, déjà montée, paraît-il, en 1996 et 1998. Écrite et mise en scène par Pascal-Yann Deschenes (qui a dirigé Les Héros de mon enfance, de Tremblay, l’été dernier), l’oeuvre n’en méritait peut-être pas tant…

À la lecture du testament de la mère qu’elle n’a jamais connue, Chantal (Lili Gagnon) apprend qu’elle hérite d’un frère et d’une soeur, ainsi que d’un million de dollars à partager entre eux, si le trio réussit à cohabiter pendant six mois. Cette fille très simple voit donc débarquer chez elle sa nouvelle famille, composée d’une snobinarde assez coincée (Michèle Beaudoin) et d’un timide tout juste sorti d’une communauté de prière (Bobby Landry, assez sensible).

Le problème, c’est que Chantal partage déjà son appartement avec deux êtres d’une espèce totalement différente: une drag-queen à la langue acérée (Marc-André Leclair) et une écervelée qui se jette sur tout ce qui porte un pantalon (Annick Gamache). Tout est en place pour un genre de Five’s company, nourrie du choc des cultures entre ces colocs disparates.

Avec son histoire artificielle et ses personnages stéréotypés, Testament pourrait aisément appartenir à l’univers des sitcom. Mais cette pièce longuette – et pas vraiment drôle -semble hésiter entre la comédie, les bons sentiments et quelques thèmes plus sérieux (telle la violence envers les gais), sans rien mener à terme. Malgré quelques répliques bien envoyées, et une couple de scènes qui sonnent plus vrai, l’écriture manque de mordant et de profondeur.

Le personnage du travesti flamboyant et les numéros kitsch de club, malgré leur aspect sommaire, ajoutent au moins de la couleur au spectacle, qui oscille entre cet univers "bitch" et cru (voire parfois un peu vulgaire), et la facture platement "soap opera" du reste, incarnée dans un décor naturaliste au possible. La scène où le groupe se prépare en vue de la parade gaie est d’ailleurs la seule à faire montre d’un peu d’imagination.

Il y a malgré tout quelque chose de sympathique dans ce divertissement sans prétention, qui célèbre la tolérance et le sens de la famille élargie. Une aventure portée à bout de bras par la conviction de ses jeunes interprètes, mais qui, hélas, n’a guère d’intérêt sur le plan artistique.

Jusqu’au 18 août
À la salle Fred-Barry
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