Chroniques de la vérité occulte : Fécond regard
Scène

Chroniques de la vérité occulte : Fécond regard

Entre Montréal et Moncton, entre la première de Faust à Fred-Barry et le tournage de scènes de la pièce Exils pour en faire un télé-théâtre, PHILIPPE SOLDEVILA court un peu. "Brûlé", mais enthousiaste, il s’exclame, d’une cabine téléphonique de Shédiac: "Je suis sur l’adrénaline!" Et pour cause.

Dans quelques jours, au Périscope, création par Sortie de Secours de Chroniques de la vérité occulte, "traduction-adaptation-rafiscollage" réalisée par Philippe Soldevila, à partir de contes de l’auteur catalan Pere Calders.

Pour l’occasion, en plus de traduire, d’adapter très librement et de mettre en scène, Philippe Soldevila remonte sur les planches, après 10 ans… Pourquoi ce retour à la scène? Le projet, à l’évidence, lui tient à coeur; il s’y investit totalement. "Je joue parce que quelque chose allait de soi, explique-t-il. C’est l’auteur, Pere Calders, qui vient, en quelque sorte, présenter son oeuvre. C’est ma manière de faire ce collage; j’ai pris cinq contes, les utilisant comme une matière malléable, les tricotant en donnant un sens à tout ça. Comme je suis metteur en scène, traducteur, adaptateur, ça fonctionne. Et ça m’est apparu comme le moment ou jamais de remonter sur les planches, simplement pour le plaisir d’être là et de révéler cet univers." Avec lui, sur scène, les comédiens Hugues Frenette, Jacques Laroche, Pierre-François Legendre, Édith Paquet, Pierre Potvin et Caroline Stephenson; en coulisses, les concepteurs Marie-Claude Pelletier, Denis Denoncourt et Christian Fontaine.

De quoi est-il question dans ces Chroniques? "Calders pose sur l’humain un regard lucide, tendre, critique. Il aime profondément les êtres humains et observe leurs comportements. Il est capable de décrire leurs travers, mais en même temps, témoigne beaucoup d’attachement à ces êtres imparfaits que nous sommes. Ses personnages, souvent des marginaux, permettent de voir la réalité d’un autre oeil. Je dis de lui qu’il est gentiment subversif…"

L’unité du spectacle s’opère par la création d’un univers particulier, et par l’entremise des comédiens. "Calders, tout comme les comédiens, est à la fois narrateur et acteur. Tous viennent raconter des histoires; ils jouent et commentent. Tout est ancré dans le réalisme; mais de ce réel émerge une autre perception de la réalité."

"C’est un spectacle auquel, déjà, je suis extrêmement attaché. Pere Calders est une grande plume, un auteur vraiment unique, qui me touche beaucoup, explique Soldevila. De plus, en le traduisant, j’ai eu l’impression d’aller à la rencontre de mes racines: le catalan est une des langues maternelles de mon père." Fierté supplémentaire: c’est la première version française de textes de Pere Calders, même s’il a déjà été traduit en plusieurs langues.

Philippe Soldevila est emballé de cette "rencontre". "J’ai vraiment trouvé un "pote" en Calders", affirme-t-il. Son premier contact avec l’oeuvre de cet auteur du XXe siècle remonte à 1985 alors qu’à Barcelone, il assiste à la présentation d’un de ses contes, adapté pour la scène. "Ça a été le coup de foudre; et ça m’a habité pendant 16 ans." Le résultat? Une première version, l’hiver dernier, avec des étudiants en théâtre de l’Université de Moncton; la suite: au Périscope…

"J’ai très hâte de présenter ce spectacle; encore plus que je n’ai le trac de le jouer. C’est un peu fou, mais je suis bien fier", conclut-il.

Du 18 septembre au 8 octobre
Au Théâtre Périscope
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