Tedd Robinson : Toucher du bois
Scène

Tedd Robinson : Toucher du bois

Tedd Robinson s’amène au Festival international de nouvelle danse avec une statuette japonaise dans ses malles.

Tedd Robinson

s’amène au FIND avec une statuette japonaise dans ses malles. Le chorégraphe ontarien y présentera Rigmarole, un solo dans lequel il tournoie et gesticule autour de sa petite compagne de bois. Ce spectacle, créé à Ottawa l’an dernier, s’inspire des différentes significations du mot rigmarole (galimatias, en français), désignant, entre autres, un discours sans queue ni tête. Le résultat est à la fois zen et rigolo, à l’image de son créateur.

"J’en avais marre d’être seul en scène. Alors je me suis dit que peut-être, avec une statue, ce serait mieux… sans que j’aie à lui verser un salaire!" lance Tedd Robinson, pince-sans-rire, en entrevue téléphonique depuis les locaux de sa compagnie 10 Gates Dancing, à Ottawa. Si les chorégraphies étaient classifiées comme les films, Rigmarole se retrouverait avec les comédies. "Les gens semblent trouver mon travail amusant, même si je n’ai jamais cherché à être comique, remarque-t-il. Je me penche sur les aspects tragiques de la condition humaine, qui peuvent, c’est vrai, se révéler absurdes et drôles. Le secret, c’est d’être capable de rire de ce qui nous apparaît tragique."

Le chorégraphe présentera en complément de programme Recruiting Recalcitrance, un court duo avec Ru Padolsky. "Plus le temps passe, et plus j’ai envie de travailler avec les autres. J’ai été seul assez longtemps!" s’exclame en riant celui qui a quitté en 1990 le poste de directeur artistique des Contemporary Dancers de Winnipeg pour se consacrer à sa carrière solo. Durant le processus de création de Rigmarole, ce désir de collaboration a pris la forme d’une association avec le compositeur Edmund Eagan. Une expérience déstabilisante. "Avant, la musique choisie influençait mon travail. Là, je n’avais aucun contexte culturel sur lequel m’appuyer. J’ai tout de même ajouté deux chansons françaises à l’ensemble, de manière à m’ancrer dans une certaine réalité. J’ai aussi travaillé avec, en tête, des images de films des années 20 et 30, comme Nosferatu."

Chorégraphe réputé, Tedd Robinson est aussi un mentor dévoué, dont la compagnie se consacre à promouvoir le développement et la présentation de la danse contemporaine. "Pour moi, c’est simplement un juste retour des choses! Je n’ai pas un savoir énorme, ni de méthode à enseigner, mais je crois qu’il peut être intéressant pour un jeune créateur de partager la responsabilité de concevoir une oeuvre d’art. Discuter avec quelqu’un, c’est précieux dans ces moments-là. Avec ma formation zen, j’ai développé une manière différente de percevoir, qui n’est pas meilleure, mais qui peut aider à voir les choses sous un angle nouveau."

Le FIND est un événement important aux yeux du chorégraphe, qui s’y est produit en 1987 avec les Contemporary Dancers. "Disons que notre spectacle n’avait pas eu beaucoup de succès!" se déclare-t-il en se marrant. Très pris par ses engagements à Ottawa, il n’y a pas mis les pieds au cours des 10 dernières années. Aussi s’avoue-t-il impatient de vérifier les sentiments que le petit bonhomme et sa statue inspireront à l’impitoyable public montréalais…

Du 1er au 4 octobre
Théâtre du Maurier du Monument-National