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Scène

Claude Poissant : Les Enfants d’Irène

La plus récente création du Théâtre PàP, originalement présentée à Montréal il y a presque deux ans, est en visite ici, le temps de quelques représentations.

La plus récente création du Théâtre PàP, originalement présentée à Montréal il y a presque deux ans, est en visite ici, le temps de quelques représentations. Née d’une initiative de l’auteur-metteur en scène Claude Poissant et réalisée en collaboration active avec six comédiens, Les Enfants d’Irène est une comédie que l’équipage de Poissant a voulu urbaine et moderne. Mais qu’en est-il, au juste, du théâtre "moderne"?

Ce mode de création, prisé depuis les années 70 au Québec et allant de pair, depuis, avec une envie de s’affranchir d’une démarche théâtrale souvent trop institutionnelle, s’articule autour de séances d’improvisation et de discussion au cours desquelles les comédiens et le metteur en scène tentent d’élaborer une réflexion et un concept dramatiques à propos d’un thème en particulier. Dans le cas des Enfants d’Irène, chacun des membres de la troupe a voulu, à l’heure de la mondialisation, confronter sa vision personnelle de la société de consommation; en ressort une prise de parole collective sur la difficulté de passer de l’adolescence à l’âge adulte, incarnée par le personnage de Matthias, un jeune adulte oscillant entre nihilisme et l’urgence d’affirmer son individualité.

Le concept est intéressant, et les ateliers de création ont dû donner place à de belles envolées dramatiques, car la pièce qui en est issue est un amusant enchaînement de scènes ou s’entremêlent ludique et quotidienneté. Le thème, de plus en plus traité au théâtre, aurait pu ennuyer: pourtant, Poissant et ses acolytes évitent avec brio l’écueil du portrait pathétique de l’adolescent révolté. Sébastien Ricard rend un Matthias volontaire et ingénieux, qualités qui lui permettent finalement de transcender les marasmes d’une période troublante. Loin d’être lourde, la comédie amuse, divertit, charme tant par la fraîcheur du texte que par l’interprétation énergique de tous les comédiens.

On attendait, cependant, plus de rigueur de la part de l’un des metteurs en scène québécois émergeant de notre dramaturgie. On peut accepter que l’éclectisme définisse, ces années-ci, les règles d’un théâtre qui se veut moderne, mais on laisse plus rudement passer le manque de cohésion de la pièce, qui fait des Enfants d’Irène une série de sketches sympathiques, mais dont l’ensemble demeure somme toute décousu.

Jusqu’au 20 octobre
Au Théâtre Périscope

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