L'Impératrice du dégoût : Pièce d'identité
Scène

L’Impératrice du dégoût : Pièce d’identité

Avec L’Impératrice du dégoût, qui sera créée au Carrefour international de théâtre dans une mise en scène de MICHEL NADEAU, LORRAINE CÔTÉ endosse un double rôle. Incarnant le personnage principal de la pièce, elle en signe aussi le  texte.

Une femme aux multiples personnalités se retrouve au cœur d’une histoire de crime familial. À ses côtés, deux enquêteurs, campés par Bertrand Alain et Hugues Frenette. "C’est une espèce d’enquête psychologico-policière, comico-tragico-folklorique, explique Lorraine Côté. C’est assez sombre, mais il y a des choses très drôles."

L’idée d’un tel sujet est venue à l’auteure dans une période de travail intense. "À un moment donné, dans les années 90, je trouvais que ma vie était schizophrénique. C’était une des premières fois où ça m’arrivait de répéter deux shows en même temps, d’en jouer un troisième et d’avoir des textes à apprendre le dimanche. J’étais, dans une même journée, plusieurs personnages différents… Et je me disais: "Mais moi, je suis où, là? Ça n’a pas de sens: Lorraine Côté, elle n’existe pas." C’est là que j’ai eu envie de faire un spectacle sur l’identité."

De là, lectures et écriture, en plusieurs étapes, de L’Impératrice du dégoût. "J’ai lu beaucoup; j’ai appris que dans les cas de personnalités multiples, il y a une seule personnalité à la fois qui "vient sous le projecteur", qui prend le contrôle du corps et établit le rapport avec l’extérieur. Il y a toujours, aussi, une personnalité dominante, qui décide qui prend le dessus, selon les compétences, l’expérience et le comportement de chacun. Dans ma pièce, c’est l’impératrice qui est cette super personnalité."

La comédienne n’en est pas à sa première expérience de création; pourtant, l’écriture solo de cette pièce fut pour elle une occasion de découvertes. "Le grand plaisir, c’est de s’inventer des histoires, de s’abandonner et de laisser parler l’inconscient. Souvent, en écrivant, j’ai des surprises. La difficulté, par contre, c’est de rester toujours cohérent: plus tu avances dans l’histoire, plus ta liberté est restreinte."

Jouer son propre texte est aussi, pour Lorraine Côté, une expérience nouvelle, et parfois étrange. "Ça aussi, c’est un peu schizophrénique. Pour pouvoir travailler le jeu, il a vraiment fallu que j’arrête d’être l’auteur et d’avoir toujours envie de corriger le texte… Ça a été difficile, mais j’y suis arrivée. C’est sûr que je suis très énervée; mais en même temps, j’ai hâte. Ça fait des années que je suis là-dedans, et je ne suis pas fâchée que ça aboutisse." L’équipe est complétée par Christian Fontaine, Isabelle Larivière, Denis Guérette, Pascal Robitaille, Jean Bélanger, Lucien Deschênes et Ansie St-Martin.

Du 13 au 16 mai
Au Théâtre Périscope
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