Daniel Paquette : L'âge ingrat
Scène

Daniel Paquette : L’âge ingrat

Daniel Paquette adapte et met en scène L’Éveil du printemps, de Frank Wedekind.

Daniel Paquette n’a pas attendu de recevoir son diplôme de l’École nationale de théâtre pour fonder sa propre compagnie. En 1999, appuyé par de jeunes créateurs issus de différents horizons, il donne naissance à la Société Richard III en mettant en scène Mon royaume pour un cheval, un spectacle inspiré par le Richard III de Shakespeare. Dans l’espace exigu de La Petite Licorne suivront Troie (2000), un collage sur le thème de la célèbre guerre, puis Amour et révolution (2001), une réécriture des Liaisons dangereuses de Laclos. En 2002, la compagnie choisit la Salle Fred-Barry pour créer La Cerisaie (comédie), une relecture radicale de la pièce de Tchekhov dont l’action est transposée en 1914, dans les balbutiements de la révolution russe. L’année dernière, Paquette signait Méphisto, le roman d’une carrière, une adaptation de l’œuvre autobiographique de Klaus Mann réalisée par Ariane Mnouchkine. Avec cette production remarquée, le directeur artistique de la Société Richard III amorçait une réflexion sur le nazisme et ses nombreux échos contemporains.

Prolongeant ce que les membres de la compagnie ont nommé le Cycle des Grands Bouleversements, le nouveau spectacle revisite l’un des textes les plus importants du répertoire allemand, L’Éveil du printemps de Frank Wedekind. Créée à Berlin en 1906, cette pièce signée par le chef de file de l’expressionnisme allemand traite d’un sujet encore tabou: l’éclosion de la sexualité chez les adolescents. "C’est un texte assez violent, affirme le metteur en scène. Il ne s’adresse pas aux adolescents, mais plutôt aux parents dont les attitudes sont toujours les mêmes, bien qu’ils aient déjà été des enfants eux aussi. Encore aujourd’hui, plusieurs parents pensent que s’ils n’en parlent pas, ça ne se produira pas."

Traduit par Sarah W. Fisherman, une Montréalaise juive d’origine allemande qui en est à sa première expérience pour le théâtre, le texte aborde l’apprentissage de la sexualité comme une métaphore de la tragique confrontation qui oppose l’enfant et sa naïveté au monde pudibond et stérile des adultes. Sous la houlette du jeune metteur en scène, la pièce exprime les méfaits d’un régime oppressant: "Dans la pièce, tout le monde a peur de quelque chose qui n’est pas là, en l’occurrence la religion protestante. Avec les événements du 11 septembre, la guerre en Irak et la montée de l’extrémisme, je trouvais que la répression politique incarnée par la montée du nazisme était plus intéressante que celle, sociale et religieuse, que dépeint Wedekind." Pour mener son projet à terme, Daniel Paquette (assisté de Marc-André Leclair) a su tirer le meilleur d’une équipe composée de fidèles collaborateurs. Dans la peau des adultes tout autant que des enfants, Maxime Allard, Michelle Beaudoin, Amélie Bonenfant, Marc-André Bourgault, Daniel Desparois, Rose-Maïté Erkoreka, Marie Pascale et Érick Tremblay évolueront dans les costumes de Sarah Balleux et sous les éclairages de Julien Laflamme.

Du 4 au 24 novembre
À la Salle Fred-Barry
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