Jacques Laroche : Songe d'une nuit d'automne
Scène

Jacques Laroche : Songe d’une nuit d’automne

Sous la direction de Jacques Laroche nous revient King Lear contre-attaque, une relecture cocasse et fantaisiste du répertoire shakespearien signée par une bande de clowns sans malice. Douce revanche.

Ne vous y méprenez pas. Bien qu’elle s’intitule King Lear contre-attaque, la pièce repose en grande partie sur l’histoire d’Othello. N’empêche, dans la perspective d’un spectacle de clowns, ça n’a pas vraiment d’importance. "C’est une sorte de rêve, d’hommage au théâtre, résume Jacques Laroche, le metteur en scène. C’est fait très naïvement et cette naïveté donne un relief qu’il est rare de voir dans les pièces de Shakespeare, toujours montées avec un grand respect de l’œuvre, de ce que c’était, de ce que ça représentait. Évidemment, on a aussi beaucoup de respect pour Shakespeare, mais on a essayé de l’aborder avec nos premières impressions. Les intrigues et les personnages sont pris au premier degré et ne sont, en fait, qu’un prétexte pour faire une représentation théâtrale. Au début, on a passé trois jours à travailler sur les textes, mais après, on les a mis de côté et on est partis de ce dont on se souvenait. Ce sont donc les grandes lignes qui demeurent."

Dès lors, le spectacle s’est construit à partir d’improvisations, ce qui permet l’émergence d’idées qui n’auraient peut-être jamais vu le jour autrement, selon Laroche. "Le jeu est souvent plus intelligent que l’acteur, affirme-t-il. Il y a une grosse part d’inconscient, de spontanéité dans ce travail. Les décisions sont prises assez vite, de manière instinctive et, souvent, ce n’est que par après qu’on se rend compte que c’est porteur de sens. J’aime beaucoup parler de rêve, je trouve que c’est un spectacle très tendre, très proche des couvertes, comme quand on a de la misère à se réveiller le dimanche matin…" Quoi qu’il en soit, Laroche constate qu’une telle approche s’avère exigeante pour les acteurs. "Ce jeu-là demande une espèce d’abandon, ce qui n’est pas instantané, observe-t-il. Ici, il y a un petit recul à avoir, il faut accepter d’être soi, de ne pas juste montrer un personnage, mais aussi ce qu’on est, et ça, c’est dur." En fait, le metteur en scène se voit d’abord comme une manière de chef d’orchestre dans cette aventure. "Moi, j’essaie de faire en sorte que tous les concepteurs, c’est-à-dire les acteurs, s’épanouissent. Mon rôle, c’est de garder le ton, de mettre les balises."

Enfin, devant le succès remporté par la pièce lors de sa création en 2002, la troupe a eu envie de poursuivre l’expérience. "Après 70 heures de laboratoire, on sentait qu’on tenait quelque chose, que le public nous suivait, évoque Laroche, mais c’était juste une première esquisse et il y avait des aspects sur lesquels on trouvait qu’il serait l’fun de passer plus de temps." Les revoilà donc avec cette nouvelle mouture, qui n’est pas sans affirmer une personnalité propre par rapport à la précédente. "Ça s’est approfondi, remarque-t-il, on a gardé les choses qui étaient bonnes, mais dans le jeu, à un moment donné, le comique bascule vers le tragique et, à l’époque, les comédiens n’avaient pas eu le temps d’approfondir ça. On tombe plus dans le théâtre; on part dans la comédie légère et on finit… On se fait prendre, je pense, et je pense que le spectateur va se faire prendre lui aussi." Ça en a tout l’air.

Jusqu’au 27 novembre
Au Théâtre Périscope
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