Le Baron de Münchausen : Comédiens en herbe
Scène

Le Baron de Münchausen : Comédiens en herbe

Avec Le Baron de Münchausen, l’équipe de La Roulotte rend un réjouissant hommage au théâtre.

Fondé en 1952 par Paul Buissonneau, le théâtre La Roulotte est plus vigoureux que jamais. En effet, depuis la semaine dernière, des diplômés de l’École nationale de théâtre du Canada et du Conservatoire d’art dramatique ont entrepris de sillonner une trentaine de parcs et espaces publics de la Métropole à bord du fabuleux véhicule. Pour sa 53e saison, le plus vieux théâtre pour enfants au Québec présente, pour le bonheur des jeunes et des moins jeunes, les mille et une aventures du Baron de Münchausen, une folle équipée d’une cinquantaine de minutes orchestrée par Hugo Bélanger.

Découvrant que la méchante fée Rasade a conçu une machine à broyer l’imaginaire, le baron de Münchausen s’engage dans une quête rigolote et périlleuse où s’affrontent la réalité et l’imagination, le monde des adultes et celui des enfants. Avec l’aide de personnages aussi illustres que Cyrano, Vénus et Don Quichotte, le baron compte venir à bout du machiavélique appareil. Beaux et ingénieux, les costumes d’Oum-Keltoum Belkassi et les accessoires et marionnettes de Francis Farley-Lemieux parviennent à faire rêver. Fort intrigants, les bruitages d’Aude Gagnon-Raymond déclenchent, souvent à eux seuls, le rire. La représentation, parsemée d’une ironie savoureuse, emploie de truculentes inventions langagières. Détournant avec un malin plaisir les conventions théâtrales, tout en puisant pleinement à la riche tradition du théâtre itinérant, le spectacle multiplie clins d’œil humoristiques et infaillibles anachronismes.

Plus qu’à l’aise dans un registre aussi physique, proche parent de la commedia dell’arte, les cinq interprètes accomplissent un travail fantastique. Tandis que Thomas Perreault défend un baron particulièrement alerte, Martine-Marie Lalande fait très bonne figure dans la peau de Sara, la jeune complice du héros. Campant de multiples personnages, Christian Baril, Monia Chokri et Éric Robidoux insufflent au spectacle un rythme soutenu. Sous les auspices du baron de Münchausen, ennemi de la logique et de la politique, le théâtre n’est pas près de disparaître. Chose certaine, le personnage a de quoi plaire à M. Buissonneau.

Jusqu’au 17 août
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