

Patrick Groulx : À vol d’oiseau
Amoureux de la vie, Patrick Groulx se plaît à créer des événements inusités: rassemblement de câlins, marche de Montréal à Québec pour amasser des dons pour Opération Enfant Soleil… Du 15 juillet au 27 août, il amène sa folie à Trois-Rivières.
Karine Gélinas
Les cheveux en broussaille, l’œil espiègle, Patrick Groulx correspond mal à l’image stéréotypée que l’on peut se faire d’une personnalité connue. Simple jusqu’au bout des ongles, celui qui animait Le Groulx luxe, c’est n’importe quoi sur les ondes de MusiquePlus savoure chaque moment, chaque sourire. La vie semble pour lui un réel terrain de jeu, où il prend plaisir à entrer en relation avec les gens qu’il croise. Croyant vendre, au départ, quelque 25 000 billets pour son premier one man show, l’humoriste admet avoir eu une agréable surprise lorsqu’il a appris qu’il avait attiré son 100 000e spectateur, au printemps dernier. Cela n’a pourtant rien d’étonnant; il ne suffit que de quelques secondes pour s’attacher à l’artiste.
VUE D’ENSEMBLE
Voilà maintenant deux ans et demi que Patrick Groulx trimbale ses joyeux personnages d’un bout à l’autre de la province. Il prête entre autres ses traits à un sympathique brigadier qui aime les "pétates", à Simon Perron, le schizophrène, et au curé Poirier. Après plus de 270 représentations, le gars de 31 ans est-il parfois fatigué de les incarner? "Ce que je trouve difficile des fois, c’est que nous, en tant qu’individus et en tant qu’humoristes, vieillissons, mais le spectacle, lui, reste pareil. C’est un spectacle que j’assume encore à 100 %. Je m’amuse à faire ce show-là. Mais en même temps, j’ai hâte d’en écrire un nouveau. Tsé, j’ai vécu différentes choses durant les dernières années, j’ai vieilli un peu, du moins, je l’espère. […] Les numéros restent les mêmes, mais ils ont évolué avec le temps. Je te dirais qu’ils ont peut-être plus évolué en ce qui concerne l’interprétation et moins en ce qui concerne le contenu. […] Chaque fois que le rideau s’ouvre – on dirait que c’est un automatisme -, j’ai envie de jouer le spectacle et de le vivre comme si je ne l’avais jamais fait. C’est certain que des fois c’est difficile. On ne se le cachera pas, après 270 fois, à un moment donné, il y a une routine qui s’installe. Mais j’essaye vraiment de me battre contre ça et de garder une certaine spontanéité."
En escale à Trois-Rivières du 15 juillet au 27 août, l’humoriste espère profiter de cette période comme temps d’arrêt. Il sent le besoin de souffler avant d’entreprendre son dernier tour de piste; sa tournée de spectacles se terminera en décembre prochain, puis il se mettra à l’écriture d’un deuxième one man show. "J’aimerais ça penser plus à moi, réfléchir, essayer de voir ce que j’ai envie de faire… et apprécier ce qui s’est passé dans les dernières années. Ça a tellement roulé vite, j’ai tellement travaillé, qu’on dirait que je n’ai jamais de recul et ça m’énerve. T’sé, j’ai quand même fait des affaires intéressantes. Dernièrement, j’avais un peu plus de "lousse" et je repensais à la Saint-Jean-Baptiste de l’année passée, avec Louis-José Houde sur les plaines d’Abraham. Et je me suis dit: "C’est un trip écœurant ça! Je vais quand même pouvoir dire que j’ai animé une Saint-Jean-Baptiste dans ma vie." Juste de me rendre compte de ça et d’apprécier, ça m’a tellement fait du bien", raconte celui qui vit pleinement de son art depuis cinq ans.
EN PLONGÉE
Lorsque le temps le lui permet, Patrick Groulx troque ses souliers pour des ailes d’oiseau. Il s’envole loin de tout et se rapproche de lui-même. Il devient alors un homme un peu plus sérieux qu’à l’accoutumée. En fait, l’été dernier, l’humoriste s’est découvert un nouveau hobby, celui de piloter. "Moi, ce qui m’a toujours passionné dans la vie, ce sont les nuages, le ciel… Je me souviens que, quand j’avais cinq ou six ans, j’étais couché dans le gazon chez mes parents et je regardais les nuages. Je passais des heures à analyser le ciel et à essayer de trouver les personnages que formaient les nuages. Il y avait des navires, des pirates… Je trouvais ça plate avant. Je dis toujours que je me suis découvert une passion à 30 ans. Avant ça, je travaillais tout le temps. Je voulais vivre de mon métier. J’avais envie de m’épanouir pleinement là-dedans. Et quand les gens me demandaient "C’est quoi ta passion dans la vie, à part l’humour?", je n’en avais pas vraiment. Là, je suis content de pouvoir dire que c’est l’aviation. […] On dirait que c’est dans le ciel que je peux vraiment m’évader!" conclut-il, alors que son esprit semble tranquillement s’envoler vers d’autres lieux.
Du 15 juillet au 27 août (du jeudi au samedi)
À la Salle J.-A.-Thompson
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