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Scène

Le Dépit amoureux : Bella ciao

Le Dépit amoureux, un petit Molière dont Frédéric Bélanger fait un véritable ravissement.

À la tête du Théâtre Advienne que pourra, jeune compagnie basée tout près de Joliette, Frédéric Bélanger signe ici sa première mise en scène. Lassé de voir et revoir Le Malade imaginaire, Tartuffe et autre Misanthrope, il a arrêté son choix sur Le Dépit amoureux, une oeuvre de jeunesse où Molière exploite, non sans maladresse, mais avec poigne, un thème cher à la commedia dell’arte: la jalousie. Dotés d’un sens indéniable de la répartie, les jeunes premiers et leurs suivants se laissent emporter, sous nos yeux, par leurs désirs rivaux.

Au texte, le metteur en scène a fait subir d’importantes transformations, l’ajout d’un éclairant prologue et des allègements nécessaires dans l’intrigue et les personnages. Le résultat est d’une grande efficacité. Après avoir lu L’Interesse, la pièce de l’Italien Nicolo Secchi qui a fortement inspiré Molière dans l’écriture du Dépit amoureux, Frédéric Bélanger a la bonne idée de pousser plus loin la saveur italienne de l’aventure. C’est donc une troupe d’acteurs italiens qui accueille les spectateurs, des garçons et des filles qui s’apprêtent à jouer, en vers, avec toute la ferveur de leur jeunesse, les imbroglios amoureux d’Éraste, Lucile, Ascagne et Valère. Les ressorts de la commedia dell’arte sont ici employés avec doigté et retenue. Entonnées avec allant, les chansons populaires italiennes nous restent longtemps dans la tête. Les costumes de Sarah Balleux sont superbes, le décor de Romain Fabre, simple et efficace, les éclairages de Julien Laflamme, soignés.

Les huit comédiens sont très convaincants. Cela dit, les rôles de valets et de servantes, plus colorés, permettent de se mettre davantage en valeur. En Marinette, Sharon Ibgui est irrésistible, d’une rare truculence. Sous son masque d’Arlequin, un emploi auquel il donne ses lettres de noblesse, Claude Tremblay est un Mascarille incroyablement dynamique, son énergie innerve toute la représentation. Dans les habits rembourrés de Gros-René, Benoit McGinnis est très drôle; il s’aventure avec bonheur dans un registre qui n’était pas le sien, du moins jusqu’ici. Voilà un Dépit amoureux qui devrait mettre bien des spectateurs, jeunes et moins jeunes, de très bonne humeur.

Jusqu’au 2 décembre
À la Salle Fred-Barry
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