Des changements de garde : L'année en pièces
Scène

Des changements de garde : L’année en pièces

Des changements de garde, des récompenses, des rendez-vous marquants, des baptêmes dignes de mention et des interprétations inoubliables.

Cette année, le Festival de théâtre des Amériques s’est mué en Festival TransAmériques, la compagnie torontoise Da Da Kamera a mis fin à ses activités, l’Opsis a mis un terme à son cycle Oreste, la Carte Premières a lancé sa 2e saison, la compagnie Pigeons International a complété sa Trilogie de la Terre, Wajdi Mouawad a été nommé directeur artistique du Théâtre français du CNA et a remporté le Prix Banque Laurentienne du Théâtre d’Aujourd’hui, le Théâtre de Quat’Sous a obtenu les subventions qui lui permettront d’être rénové, le Centre des auteurs dramatiques a célébré ses 40 ans, Olivier Kemeid a été nommé directeur artistique de l’Espace Libre, le Festival du Jamais Lu a fêté son 5e anniversaire, le Conseil québécois du théâtre a annoncé qu’il allait tenir des états généraux en 2007, Larry Tremblay a gagné le Prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton et Evelyne de la Chenelière, le Prix littéraire du Gouverneur général.

En 2006, les dramaturges Larry Tremblay, Michel Tremblay et Evelyne de la Chenelière ont pris les scènes montréalaises d’assaut. Olivier Choinière a créé une véritable onde de choc avec Venise-en-Québec. Jean-Guy Legault a signé pas moins de quatre spectacles, dont une mémorable Nuit d’Irlande, toujours en tournée dans les Maisons de la culture. Le Prix de la critique, dans la catégorie Montréal, a été remis à Tout comme elle, une production hors norme où Brigitte Haentjens et Louise Dupré entraînent un choeur de 50 comédiennes dans les méandres de la relation mère-fille. Avec La Promesse de l’aube, André Melançon a fait une entrée remarquée dans la sphère théâtrale. Il faut dire que le cinéaste avait dans la manche un atout de taille: la talentueuse Andrée Lachapelle. Carl Béchard et Frédéric Bélanger ont emprunté les habits du metteur en scène pour offrir des Molière enlevants. Chez Duceppe, la troupe d’Yves Desgagnés s’est superbement approprié Tchekhov. De nouvelles voix, puissantes, se sont également fait entendre. Si King Dave est presque passé inaperçu à sa création en 2005, le solo d’Alexandre Goyette, récipiendaire de deux Masques, a obtenu cette année toute l’attention qu’il méritait. Mathieu Gosselin (La Fête sauvage) et Frédéric Blanchette (Le Périmètre) ont eux aussi commis une première pièce, des oeuvres personnelles qui ont trouvé leur public. Avec Couche avec moi (c’est l’hiver), Fanny Britt a audacieusement commenté son époque, sa génération.

Certaines interprétations laissent un souvenir impérissable: la veuve tempétueuse de Sylvie Drapeau (Reste avec moi ce soir), la condamnée bouleversante de Louise Turcot (Wit), le travesti pathétique de Benoît Brière (Hosanna), la mère déchirée de Danielle Proulx (Vincent River), l’homme d’affaires machiavélique de Marcel Pomerlo (Shopping and Fucking), l’irrésistible Tartaglia de Carl Poliquin (La Princesse Turandot), la Marguerite écartelée d’Anne-Marie Cadieux (La Dame aux camélias), la mère dissimulatrice de Louise Laprade (Août), la femme enfant de Marie-Ève Beaulieu (L’Évangile selon Salomé) et le séducteur déchu de Pierre Lebeau (La Fin de Casanova).