Louise Lapierre : Danse pour tous
Scène

Louise Lapierre : Danse pour tous

Louise Lapierre s’apprête à fêter les 35 ans de son école, une institution phare qui a transmis à des générations la passion de la danse.

Nous sommes en 1973. Louise Lapierre a 24 ans et elle oeuvre au sein des Ballets Jazz contemporains, un groupe qui donnera naissance à la Compagnie Eddy Toussaint et aux Ballets Jazz de Montréal. "À l’époque, le ballet jazz, c’était la nouveauté, un peu comme le hip-hop maintenant. Il y avait peu de cours. Pour enseigner, certains repiquaient ce qu’ils voyaient à la télévision, mais nous, on avait la chance d’être à la source, grâce aux classes d’Eddy Toussaint et d’Eva Von Gencsy. On allait aussi à New York."

En dehors des cégeps, les seuls cours de jazz offerts aux amateurs de la région montréalaise sont alors offerts par des compagnies qui trouvent là une excellente source de financement. Mais l’enseignement y est peu adapté aux néophytes et quand les artistes partent en tournée, les étudiants sont privés de professeurs. Dans ce contexte, consciente qu’elle n’est pas vouée à une carrière artistique d’exception, Louise Lapierre choisit la voie de l’enseignement et ouvre sa propre école. Les inscriptions se font alors dans le salon de sa mère, elle a 56 élèves et elle est la seule enseignante. Trente-cinq ans plus tard, elle occupe six studios sur le Plateau-Mont-Royal et propose une trentaine d’options aux quelque 3000 élèves qui fréquentent son établissement. Un succès d’affaires qui traduit sa passion pour une danse-loisir de qualité.

Formée en éducation physique, Louise Lapierre a toujours veillé à minimiser les risques de blessures dans ses cours, misant sur la créativité et le plaisir. Au fil des ans, elle s’adapte aux besoins changeants de son public. Par exemple, elle a innové en proposant des cours parents-enfants et elle a comblé pendant dix ans le manque de lieux de formation en sport-études. Elle a aussi dirigé une troupe amateur qui a longtemps constitué une vitrine pour l’école.

Puis il y a eu des projets comme Nouveau Rock Jeunesse (NRJ). La pédagogue explique: "On m’avait poussée à monter un groupe de chanteurs-danseurs dans le temps des Backstreet Boys, mais je voulais que ce soit mixte et pas quétaine. En fait, je réalise que derrière tous mes projets il y avait une mission éducative. NRJ a permis d’amener une image différente. Les filles soulevaient les garçons, on avait une facture moderne, des chansons à contenu… En pleine guerre du Golfe, on chantait: "Je veux rester vivant". On a même gravé un CD!"

Avec les années, Louise Lapierre a préféré concentrer ses ressources sur le loisir. Elle constate avec enthousiasme la prolifération des cours de qualité et un décloisonnement des disciplines. Elle applaudit aussi à la multiplication des lieux de diffusion qui offrent un espace d’expression aux petites compagnies. "On a eu des moments mémorables, mais on a fait de grands détours, précise-t-elle. Est-ce que faire pipi dans un pot, c’est danser? Ce sont des espèces de thérapies nécessaires aux créateurs pour se donner des permissions, mais est-ce qu’on doit payer pour aller les voir?"

Entre autres nouveautés pour son 35e anniversaire, l’École Louise Lapierre déroule le tapis rouge aux garçons. Pour le fameux spectacle du mois de mai, on veut créer avec eux des numéros spéciaux. Avant, en décembre, on pourra voir des solos, duos et trios créés par des élèves.

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