Catherine Gaudet : La tête dans les étoiles
Scène

Catherine Gaudet : La tête dans les étoiles

Catherine Gaudet revient charmer petits et grands avec une version allongée de la pièce de danse-théâtre Alex Lalune.

Comme bien des petits enfants, Alex s’ennuie quand il est seul mais il ne sait pas trop comment s’y prendre pour se faire des amis et il est littéralement tétanisé par les chicanes. Il a donc trouvé une bonne façon de se simplifier la vie en s’inventant une amie imaginaire. Elle vit dans le ciel et s’appelle Bintang – un mot qui signifie "étoile" en indonésien. Un jour, elle décide de pousser le petit garçon à s’aventurer dans le vrai monde et à découvrir comment rétablir l’harmonie après une dispute.

Inspirée par les enfants à qui elle enseigne la danse, la chorégraphe Catherine Gaudet a eu l’idée de cette création pour les petits de 4 à 8 ans à l’issue d’une audition ratée pour un spectacle jeune public. "On était plusieurs à être frustrés alors on s’est dit qu’on allait faire notre propre spectacle pour enfants, raconte la jeune artiste de 29 ans. Comme il n’y en a pas beaucoup et qu’il y a un gros public potentiel, l’idée était de devenir autonome et d’arrêter d’attendre d’être choisie." Créant habituellement des oeuvres entre cynisme et dérision sur les relations amoureuses difficiles, Gaudet a donc décidé de s’intéresser aux problèmes de communication dans le monde de l’enfance. "Je choisis des thèmes qui m’interpellent à un niveau émotif mais qui me permettent aussi de trouver ce que j’aime dans le mouvement, précise-t-elle. Par exemple, l’abandon amoureux se traduit par la chute, par une déformation du mouvement, une dislocation du corps que j’aime travailler. Pour Alex Lalune, c’est un peu la même chose. C’est moins dramatique mais ça parle des difficultés relationnelles d’un petit garçon et de sa solitude. Ça perpétue un peu mes thèmes privilégiés."

En 2005, plaisir et pensée positive ont présidé à la création de cette oeuvre qui a été rallongée de 10 minutes pour être présentée dans le cadre de la nouvelle série "Danses en famille" à Tangente. Le comédien Bryan Morneau y partage la scène avec les interprètes Karine Desrochers, Myriam Tremblay et Annick Brault, spécialiste des danses traditionnelles balinaises avec laquelle la chorégraphe a effectué deux voyages en Indonésie. "Mon premier séjour à Bali a été très libérateur parce que dans leur conception de la création, rien n’est relié à l’individu ni à l’ego, confie Gaudet. Pour les Balinais, l’art est un rituel, c’est une offrande qu’ils font aux dieux et qui permet à la communauté de se purger."

Outre le caractère indonésien du nom et du costume de l’amie imaginaire, interprétée par Annick Brault, la danse balinaise colore très clairement la gestuelle. Les textes, eux, permettent de concentrer l’attention des petits en leur donnant des balises pour suivre l’histoire d’Alex et de ses amis. "Même si je suis capable d’apprécier certaines pièces formelles, ce que j’aime voir sur scène, ce ne sont ni des athlètes ni des performances physiques, mais des humains avec une personnalité et des émotions", indique la jeune chorégraphe qui a pris une semaine de congé sans solde à son travail pour présenter sa pièce. Un joli petit cadeau à vous faire en prélude à Noël.

Les 15 et 16 décembre
À Tangente
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