Odyssées de l'espace : De nouvelles contrées
Scène

Odyssées de l’espace : De nouvelles contrées

Avec Odyssées de l’espace, Vincent Côté accouche d’une proposition théâtrale qui, loin d’être inintéressante, s’adresse davantage aux initiés de la science-fiction.

La branche professionnelle du Théâtre du Vaisseau d’Or s’attaque à la science-fiction avec Odyssées de l’espace. Auteur, comédien et metteur en scène, Vincent Côté s’est librement inspiré du film et du roman 2001: l’Odyssée de l’espace pour écrire cette pièce, une longue chevauchée sur l’histoire de l’humanité.

Les 12 comédiens donnent vie à 113 personnages, dont une dizaine occupent une place plus importante au sein du récit. Pendant plus de trois heures, le public parcourt les grandes étapes de l’évolution de l’homme. On nous entraîne d’abord sur le continent africain, trois millions d’années plus tôt. Puis, les époques se chevauchent. Sur scène se croisent des hommes préhistoriques et quelques figures mythiques telles que Hitler, Iouri Gagarine, Neil Armstrong et John F. Kennedy. Dans la deuxième partie du spectacle, on suit une équipe d’astronautes américains, russes et français qui effectue, en 2110, une importante mission près des lunes de Jupiter. Pendant ce temps, sur terre, une guerre sème le chaos.

Dans cette fresque théâtrale, les clins d’oeil à l’univers cinématographique de la science-fiction abondent et constituent autant de références qui, pour les amoureux du genre, pavent la voie à une pleine compréhension de l’oeuvre mais qui, pour les néophytes en la matière, contribuent à un certain hermétisme. Cela dit, l’ensemble de la pièce demeure digne d’intérêt puisqu’il est toujours stimulant de sillonner des galaxies méconnues! De plus, tous peuvent saisir la portée philosophique de cette traversée qui prend assise au coeur de nos peurs fondamentales (celles de l’inconnu et de la mort).

Odyssées de l’espace évoque également le courage des hommes face à une humanité défaillante. Dans le rôle d’Armstrong et de Travis O’Neil, un illuminé qui affirme avoir été enlevé par des extraterrestres, Côté se démarque, tout comme Lise Martin dans la peau d’une astronaute déçue par la vie. L’émotion qui transpire de cette pièce ne découle toutefois pas du jeu – plutôt froid – des interprètes. Elle vient plutôt des symphonies de Mahler. Tout au long du spectacle, celles-ci apportent grandeur et beauté.

Jusqu’au 19 janvier
Au Collège Jean-de-Brébeuf
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