Virginie Brunelle : Le diable au corps
Scène

Virginie Brunelle : Le diable au corps

Virginie Brunelle met en scène l’adultère dans Foutrement, un trio émotif qui croise les gestuelles classique et contemporaine sur un rythme effréné.

Une femme exécute une danse érotique devant un curé en soutane qui accouche avec peine d’un homme débitant des statistiques sur le cocufiage. Cette scène, vous ne la verrez pas dans Foutrement. Elle a pourtant servi au processus créatif pour explorer les valeurs judéo-chrétiennes en lien avec la notion d’adultère, thème central de cette troisième oeuvre de Virginie Brunelle.

"Mes idées de départ sont très théâtrales, avec des objets, mais je finis toujours par ne garder que le geste, commente la jeune chorégraphe. J’ai besoin de ce passage-là pour arriver au mouvement et à quelque chose de plus brut et de plus épuré." Sans être narratives, les pièces de Brunelle sont toutes figuratives, depuis Les Cuisses à l’écart du coeur, création de fin d’études à l’UQAM qui l’a lancée dès 2007, jusqu’à Gastro affective, dont on a vu une première ébauche l’an dernier à Tangente, en passant par Foutrement, qui a germé en 2008 dans un très court duo devenu trio de quelque 70 minutes. La chorégraphe y poursuit l’exploitation du thème des relations amoureuses et des souffrances que peut occasionner une sexualité sauvage.

"J’ai envie de parler du corps, de ses pulsions, de sa quête de l’amour, et c’est une thématique qui est partie pour durer, reconnaît-elle. Dans le travail avec les interprètes, je cherche à situer l’émotion dans le corps pour voir quelle forme elle lui donne. Ici, l’individu est perdu dans un désir plus fort que la raison et cela occasionne des dégâts dans les rapports affectifs." Ainsi, instinct sexuel, colère, jalousie et autres déchirures sont rendus par une gestuelle très physique où les contacts sont souvent brutaux et les corps, lourds de tristesse, de honte ou de culpabilité. Les muscles saillent, la peau rougit et la sueur suinte. Simon-Xavier Lefebvre s’épuise en portés incessants. Claudine Hébert et Isabelle Arcand, interprète fétiche de Brunelle, s’échinent sur des pointes dans une gestuelle métissée de classique et de contemporain.

"Il y a un peu de nudité, mais elle n’est jamais complète ni choquante", précise celle que Dave St-Pierre avait, un temps, pris sous son aile et qui trouve nécessaire de ne plus être systématiquement associée à cette forte personnalité pour affirmer ses propres identités et signatures. Une oeuvre à voir, une créatrice à suivre.

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