20e festival Fringe / Danse : Chasse aux trésors
Scène

20e festival Fringe / Danse : Chasse aux trésors

L’offre en spectacles de danse n’est pas des plus foisonnantes pour le 20e festival Fringe, mais elle présente quelques excitantes propositions.

Avec son système de tirage au sort pour établir sa programmation, le Fringe rend la scène accessible à toutes sortes d’artistes qui s’autoproduisent. Avec ses tarifs très bas, il rend aussi les salles accessibles à un plus large public. Le revers de la médaille, c’est qu’on y trouve beaucoup de propositions inabouties et, parfois, très franchement rasoir.

La soirée Piss in the Pool, dont c’est la sixième édition, est un rendez-vous très Fringe dans son esprit qui réserve à coup sûr de bons moments. Les chorégraphes Sasha Kleinplatz et Andrew Tay y invitent systématiquement une brochette de jeunes collègues à créer, en 10 jours, de courtes formes in situ dans la piscine désaffectée du Bain St-Michel. À leurs côtés, cette année, on attend les talentueux Dany Desjardins, Jacques Poulin-Denis et Jody Hegel, qui travaille ici avec Hannah Dorozio, les dynamiques breakeuses contemporaines Geneviève Gagné et Emily Honegger, ainsi que le facétieux Thierry Huard.

Bernadette et Lux, oeuvres de danse-théâtre signées Amélie Lévesque Demers, attirent par une distribution de 10 interprètes tels que Georges-Nicolas Tremblay et Claudine Hébert dont on apprécie régulièrement le talent sur la scène montréalaise. La chorégraphe de Fiasco Danse (ex-Lacabalde), qui a déjà fait ses preuves, teinte sa danse contemporaine d’orientales ondulations, annonçant du sarcasme, de l’autodérision et une gestuelle contrastée.

Jeunes diplômées de Concordia, Katia-Marie Germain et Eugénie Khoury présentent quant à elles deux propositions dans autrui nm (ô-trui). La première met à profit sa formation en arts visuels dans une étude sur l’équilibre et la rencontre des corps où elle cherche comment donner vie aux lignes et aux volumes. La seconde, interprète aguerrie, s’intéresse au traitement des genres masculin et féminin et à l’impact de la publicité sur la psyché humaine.

Enfin, mettant en scène des danseurs finalistes de l’émission So You Think You Can Dance Canada, Unbearable Prospect intrigue. Ses chorégraphes, Apolonia Velasquez et Ofilio Portillo, disent s’y libérer des carcans esthétiques télévisuels et commerciaux pour s’exprimer à travers un mélange de danse contemporaine et de danses urbaines. Quelques-uns des autres spectacles interdisciplinaires ou purement chorégraphiques peuvent aussi valoir le détour. À vous de les trouver.