Omaterra : À deux pas du plongeon
Scène

Omaterra : À deux pas du plongeon

À quelques jours de sa mise à l’eau, tout est en place pour que le navire Omaterra fasse des vagues. Rencontre avec le coauteur du spectacle, Pierre-Yves Bernard.

À l’heure où les comédiens d’Omaterra sentent monter le trac, Pierre-Yves Bernard est peinard. "Mon travail est pratiquement terminé. C’est le moment des répétitions, des enchaînements… Le gros du boulot, c’est maintenant sur les épaules des acrobates, des clowns et des danseurs qu’il se trouve."

Auteur des séries cultes Dans une galaxie près de chez vous et Minuit, le soir, Pierre-Yves a l’habitude de développer des histoires fouillées, de passer des semaines à trouver la bonne façon d’exprimer l’émotion. Ici, la commande était bien différente. "Pour moi, ce show-là représente un acte d’humilité. C’est une histoire toute mince et elle est voulue comme ça. Stéphane Baillargeon et moi, on a créé des liens entre les tableaux; ce sont eux les vedettes du show." Défi ou détente que d’écrire dans ce contexte? "C’était une vraie partie de plaisir! Je porte un clown en moi et je l’ai simplement laissé parler!"

S’il est probable qu’à la fin du spectacle, les applaudissements soient dirigés vers les acrobates, les auteurs ont eux aussi de quoi être fiers. "Nous n’avons pas écrit Macbeth, mais nous avons su nous mettre au service de deux contraintes: écrire un spectacle sur l’eau, présenté dans un endroit prédéterminé. Pour le reste, c’était bar open!" Le duo Bernard-Baillargeon a donc profité de cette latitude pour faire de la place à l’élément clé d’Omaterra. "Comme on trouvait absurde de parler de l’eau sans jamais en voir une goutte, on a conçu une chute dont la largeur et le débit varieront au fil du spectacle et à travers laquelle tous les numéros vont naître. Ça devrait être assez impressionnant!"

NO EGO TRIP

En compagnie de Stéphane Baillargeon, Pierre-Yves Bernard dit avoir vécu une formidable aventure humaine. "Une amitié est née entre Stéphane et moi. Ce gars-là possède l’imagination, la générosité et un don particulier, dont on parle peu et qui est essentiel: la posture par rapport à la création. Il sait accepter la critique, il ne refuse jamais d’être dans la fragilité, la vulnérabilité." Pour les auteurs, pas question d’être dans l’ego. "C’est une belle force de savoir se mettre au service d’un spectacle, d’abandonner des idées. C’est possible quand on se sait capable d’en avoir d’autres!"

Le soir de la première, le public assistera à un grand spectacle où régnera l’eau, portée par la vitalité de la jeunesse. "Sauf quelques acrobates qui ont la cinquantaine passée (et qui ont l’air de dieux grecs), la plupart des interprètes sont très jeunes. On y voit notamment une jeune fille dans un numéro de cerceau ayant un très fort rapport avec la pureté, mais aussi avec l’énergie." Spectacle vivifiant s’il en est un, Omaterra est le résultat de plusieurs mois de labeur et marquera le coeur des spectateurs. "J’ai l’impression qu’au-delà du divertissement, ce qui restera, c’est la passion des rêves et l’idée (judéo-chrétienne, je le concède) qu’il faut travailler très fort pour atteindre ses objectifs. Car malgré les apparences de facilité, on devine aisément le travail acharné derrière les numéros."