Eclyps : Quand le soleil s'éclipse…
Scène

Eclyps : Quand le soleil s’éclipse…

C’est lorsque s’éclipse le soleil, à l’ouest de la Cité de l’énergie de Shawinigan, que les spectateurs s’y massent pour assister à la quatrième mouture du spectacle à grand déploiement Eclyps.

Une princesse dodue qui zozote, des Sélénites mi-agiles, mi-malhabiles, un dictateur légèrement confus: tout ce beau monde est de retour dans le décor féerique de la Cité de l’énergie, afin de prouver aux terriens que le peuple lunaire existe vraiment.

Avec ses nouveaux numéros de barre russe et de jonglerie, ainsi que le remaniement d’une scène complète (incluant l’arrivée d’un gâteau de mariage assez imposant pour satisfaire la dent sucrée de la princesse!), le spectacle Eclyps s’est refait une beauté pour sa quatrième saison.

Une fois de plus, l’auteur et metteur en scène, Bryan Perro, dompte le "monstre", comme il se plaît à surnommer son plateau. "Ce plateau-là a une tête à lui. Maîtriser cette bête sauvage est un défi chaque année", souligne-t-il. Le dompteur du plateau doit aussi composer avec une troupe qui se renouvelle continuellement, et s’adapter aux compétences de ses artistes de cirque. C’est que, bon an, mal an, l’équipe d’Eclyps, qui doit compter plus d’une quarantaine de personnes, perd de nombreux joueurs.

Par chance, Bryan Perro est un petit malin: lorsqu’il a créé son oeuvre, il a prévu des espaces çà et là pour insérer ou retirer des numéros de cirque. "J’ai fait ça pour que ce soit plus facile pour le producteur et le metteur en scène. Le spectacle peut donc évoluer au fil des années", explique-t-il. Alors qu’il a pris les rênes de la mise en scène l’an dernier, Bryan Perro compose aujourd’hui avec ce casse-tête, qui ne lui laisse pourtant pas un goût amer. "Je trouve ça génial que les artistes de cirque viennent chercher leur expérience ici, puis prennent leur envol. C’est fameux!" assure-t-il en évoquant ce duo de main à main qui lui a envoyé une carte postale de New York, des artistes qu’il a dû libérer pour le Cirque du Soleil, ou ces visages qu’il a reconnus à Las Vegas. "C’est plaisant de voir ça. La masse de talent est là au Québec, et on l’exporte!" se réjouit l’auteur des livres fantastiques Amos Daragon.

ECLYPS EN ORBITE

Parlant d’exportation, Bryan Perro aimerait bien faire voyager un peu Eclyps. "Il a le potentiel pour trouver son public ailleurs, dans un autre pays, dans un autre lieu." Car des projets, l’homme de 42 ans en caresse, notamment un "beau projet de spectacle", laisse-t-il planer sans en dire mot.

Évidemment, Eclyps aura une date d’expiration à Shawinigan. "Je ne sais pas quelle sera sa durée de vie. Présentement, ça va bien et je serai là tant que le spectacle sera là, et tant qu’on en voudra. C’est le public qui décide", affirme sagement l’auteur. Les terriens ont d’ailleurs été nombreux à répondre à l’appel des Sélénites lors de la première semaine de représentations, alors qu’une moyenne de 700 personnes par soir, sur une possibilité de 900, a été enregistrée aux tourniquets. "Nous sommes très heureux", soutient le producteur, Robert Trudel, en rappelant que les chiffres de l’année dernière avaient été catastrophiques. "C’est difficile lorsque les grandes villes offrent des spectacles gratuits. Mais quand on se compare, on se compte extrêmement chanceux. On améliore le spectacle d’année en année, et il y a même des gens qui reviennent tous les ans voir les changements apportés."

Bryan Perro n’est pas peu fier de la cuvée 2010 d’Eclyps, et de sa troupe. "Regarde, il n’y a personne qui est supposé travailler présentement", lance-t-il en pointant des artistes qui répètent une dernière fois leur numéro, à peine une heure avant la représentation. "C’est grandement motivant. Ça veut dire qu’ils y croient", note-t-il, enchanté.

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Le fantastique, les spectacles à grand déploiement, les histoires de princesses (dodues et zozotantes!) qui finissent bien