Elling : Les deux font la paire
Scène

Elling : Les deux font la paire

Dans la mise en scène de Monique Duceppe, Elling, pièce à succès tirée d’un roman norvégien, tourne à la farce.

Elling et Eric Bjarne sont deux hommes hors norme, que la société a eu vite fait de qualifier de fous. Après avoir passé quelques années en institution, ils sont finalement placés dans un appartement et doivent réapprendre à vivre "normalement". Sans doute soucieuse de nous rendre les personnages sympathiques, la metteure en scène Monique Duceppe a pris le parti de l’humour et les transforme en bouffons.

De fait, on a tendance à s’attacher à ces deux compères aux réactions surprenantes, qui s’émerveillent des plaisirs simples de la vie, et le texte (ici traduit par Michel Dumont) recèle suffisamment d’humour et de situations cocasses pour que les pitreries de Guy Jodoin et Stéphane Bellavance nous fassent rire de bon coeur.

Malheureusement, le manque de nuances et de subtilité, aussi bien dans la direction d’acteurs que dans la mise en scène, tue dans l’oeuf toutes les pistes de réflexion contenues dans le texte – sur la normalité, la tolérance, l’amitié, l’adaptation… – et on retient surtout la surenchère d’effets de voix et de grimaces. Pour un peu, on s’attendrait à les voir faire des galipettes et s’envoyer des coups de pied aux fesses. Dans ce registre, Bellavance s’avère très à l’aise, composant un naïf relativement touchant. En revanche, Jodoin, dont le personnage est nettement plus complexe, peine à trouver son ton et verse dans la caricature.

Outre sa vision réductrice, la mise en scène est fort peu inventive et introduit des fioritures (ou exécute à la lettre des didascalies malheureuses) qui ralentissent le rythme sans enrichir le propos. Dans le registre "divertissement", Elling a certains attraits. Ceux qui attendent plus du théâtre seront déçus.