Jack Udashkin : Génération multi
Scène

Jack Udashkin : Génération multi

Petit frère d’un événement homonyme en France, le festival Artdanthé présente une brochette d’artistes de la nouvelle vague des arts performatifs. Entrevue avec Jack Udashkin, son audacieux directeur artistique.

Depuis que Jack Udashkin en a pris la barre, le Théâtre La Chapelle affiche une identité artistique claire en programmant des talents parmi les plus prometteurs de la jeune génération et rassemble un public amateur de sensations fortes et d’objets scéniques atypiques. Avec ses sept spectacles multidisciplinaires, le festival Artdanthé – qui renoue avec la tradition perdue de l’événement Vasistas – en est la plus éloquente démonstration.

"Les spectacles présentés sont des petits bijoux étranges, des curiosités produites par des gens qui ont probablement des problèmes avec les conseils des arts parce qu’ils sont inclassables", commente le directeur artistique du théâtre de la rue Saint-Dominique, qui s’efforce d’offrir à la relève les moyens de développer et de montrer son travail.

Le Montréalais Stéphane Gladyszewski brise la glace en passant de l’autre côté du réel par une plongée dans l’inconscient nourrie de projections vidéo et d’images thermiques. "C’est quelqu’un d’extrêmement intelligent qui a la capacité de présenter des spectacles à la fois percutants, pertinents et accessibles, ce qui est un peu la marque de commerce de cette nouvelle génération d’artistes montréalais", opine Udashkin.

Parmi les Québécois, la plasticienne-performeuse Julie Andrée T. joue avec son corps, la lumière, le son et la couleur rouge pour glisser dans les abîmes de l’interdit et des tabous; l’auteur-acteur Emmanuel Schwartz concocte une surprise à livrer le 11/11/11 à 11h11 du soir; et le circassien Jonathan Fortin s’allie au danseur français Vincent Morel pour une variation sur la masculinité.

Les deux jeunes hommes partagent la soirée avec la Luxembourgeoise Sylvia Camarda qu’on verra prochainement avec Morel dans une création de Dave St-Pierre et qui puise ici dans le langage corporel des soldats-tyrans de Guantanamo et autres hauts lieux de l’abus pour un spectacle solo.

Le soliste bulgare Ivo Dimchev, qui n’avait pas hésité à vendre son sang aux enchères lors de son passage au Studio 303, revient avec ses extrémismes et ses étrangetés, tandis que l’Allemand d’adoption Anthony Rizzi incarne simultanément le cinéaste Jack Smith, la chorégraphe Pina Bausch (avec laquelle il a travaillé) et Penny Arcade, travesti et figure de proue des arts performatifs du New York des années 1980.

Une programmation de choix excitante qui s’étale sur les trois premières semaines de novembre.