Pauline Martin : Renaître à l'amour
Scène

Pauline Martin : Renaître à l’amour

Pauline Martin endosse le rôle d’une amoureuse dans la cinquantaine dans Pourquoi pas?, l’occasion de se prêter au jeu de la séduction, plus accessible au théâtre qu’à l’écran.

Les histoires d’amour n’arrivent pas souvent aux gens d’âge mûr au théâtre, au cinéma ou à la télévision, comme si les jeunes en avaient le monopole. Pourtant, vieux est l’adage qui dit que l’amour n’a pas d’âge. C’est de cet amour qui survient au mitan de la vie qu’il s’agit dans la pièce du Canadien Norm Foster Pourquoi pas?, où un homme et une femme dans la cinquantaine renaissent à l’amour. "On reste des amoureux toute notre vie, fragiles et vulnérables en face de ce sentiment. Tout le monde y a accès peu importe l’âge", lance Pauline Martin, ravie d’incarner une amoureuse mature.

Le point de départ de l’intrigue, soit l’enterrement du mari de Jacqueline où Robert en profite pour faire à la nouvelle veuve une déclaration d’amour, ajoute du piquant à la comédie romantique empreinte d’autodérision. "C’est l’histoire de la quête amoureuse que Robert amorce pour conquérir la femme qu’il a rencontrée 25 ans plus tôt. Ce ne sera pas facile, parce que comme bien des femmes de son âge, Jacqueline a renoncé à croire à l’amour. Elle est restée 34 ans dans un mariage qui ne la satisfaisait plus et s’est bâti un mur de protection que Robert devra percer. Ça n’arrive pas juste aux gens de cet âge-là, mais à tous ceux qui veulent conquérir quelqu’un." Le sujet permet aussi d’aborder les conflits de générations. "Dans la pièce, j’ai un fils qui voit d’un mauvais oeil sa mère excitée comme une adolescente. Ça peut en effet être déstabilisant!"

Élargir le spectre

À l’humour auquel on s’attend de l’actrice rompue à la comédie, s’ajoutent ici les jeux de la séduction. "C’est le genre de rôle qu’on ne me donne pas à la télé où on me "mamanmise", avoue l’actrice. Je joue presque toujours des mamans dans la cinquantaine. C’est la réalité de beaucoup de comédiennes. J’ai la chance de jouer des séductrices et des femmes plus extraverties au théâtre, mais les paramètres de beauté sont extrêmement stricts pour les actrices à l’écran." Le théâtre lui permet donc d’élargir son spectre de possibilités et de jouer la femme fatale aux côtés de Claude Préjean.

L’auteur Norm Foster, réputé pour ses portraits réalistes du quotidien, visite ici les doutes et les maladresses des amoureux qui ont survécu aux naufrages. "Monique Duceppe a trouvé la mise en scène parfaite qui ne cherche jamais à faire des effets, qui reste dans le texte", ajoute la comédienne. "On s’adresse directement au public à qui on raconte notre histoire et on nous voit à différents âges de notre vie. C’est un beau défi d’acteur!" Moins superficiel que l’écran, le théâtre est donc un lieu privilégié pour accueillir les visages de l’amour loin des images d’Épinal.