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Scène

2011 revue et corrigée : Traverser l’année sur la pointe des pieds

Jean Charest, Pauline Marois, Kent Nagano, Silvio Berlusconi, les cônes orange de la Ville de Montréal… Ils ont tous fait les manchettes de l’année et passent sous le bistouri plus ou moins aiguisé du spectacle 2011 revue et corrigée qui revient sur les 300 et quelques derniers jours qui ont façonné notre monde.

Ils sont d’ailleurs très doués, ces six interprètes qui incarnent avec fougue et brio une succession de personnalités médiatiques: des gens de télé, des politiciens, des artistes et autres, avec parfois plus de conviction et d’ardeur que ceux qu’ils imitent.

Du côté des trois dames, encore cette année, la voix de Véronique Claveau demeure percutante. La jeune comédienne et chanteuse passe de Marie-Mai à Céline Dion, empruntant leurs intonations et mimiques avec son impétueuse dégaine. Ces moments donnent du rythme et de l’aplomb après des sketchs qui s’éternisent sans grand mordant.

Suzanne Champagne emprunte les traits d’une Pauline Marois bien accrochée à son Parti québécois, entêtée jusqu’au bout des ongles. Parlant d’ongles, Ruth Ellen Brosseau devient une étrange et insaisissable créature du NPD grâce à France Parent qui s’est jointe à la distribution cette année. Délicieux moment grinçant parmi une majorité d’autres au ton trop convenu.

Au sein du trio masculin, Benoit Paquette s’attaque à l’un des numéros les plus corsés en imitant à un rythme effréné plusieurs humoristes québécois: de Louis-José Houde à Mike Ward, en passant par Peter MacLeod et André Sauvé. Quant à Marc St-Martin et Martin Héroux, ils font exploser de rire la foule dans les rôles respectifs de deux êtres déjà caricaturaux: Claude Poirier et Réjean Tremblay.

Si les performances sont donc à point dans ce spectacle mis en scène par Michèle Deslauriers, elles mériteraient d’être resserrées par endroits, en particulier lorsqu’il est question des bourdes à la Ville de Montréal et des fameux cônes orange. Des minutes de trop qui auraient pu faire place à un sketch sur le printemps arabe, par exemple.

Plus local qu’international, plus sympathique que décapant, 2011 revue et corrigée manque de cette cruauté plaisante qui fait sourire en coin. Pas de "ishhhhhh" ou de "ouch" du public, alors que ce serait si libérateur pour traverser l’année.

Jusqu’au 14 janvier
Au Théâtre du Rideau Vert
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