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Scène

Ballet de Moscou / Roméo et Juliette : La perfection et rien d’autre

Le Ballet de Moscou ne nous offre pas seulement une visite de courtoisie mais surtout une production prestigieuse. Avec cette représentation de Roméo et Juliette, la compagnie compte bien vous montrer ce qui caractérise les ballets russes.

Pour nous résumer la suprématie des Russes dans le ballet classique, Viorel Balan nous montre son iPhone et la célèbre inscription qui accompagne le logo de la compagnie Apple fondée par Steve Jobs: Think different. "Tu comprends? C’est ça, les ballets russes. Grâce à des gens passionnés de cet art, ce qui n’était au fond qu’un divertissement aristocratique à la Renaissance est devenu du grand art. Il y eut l’écrivain et critique d’art Carl Einstein, le producteur russe Serge Diaghilev et la danseuse et pédagogue Agrippina Vaganova. Ces grandes figures artistiques, avec des danseurs comme Nijinski et Noureev, ont apporté une contribution exceptionnelle au ballet au 20e siècle. Les Russes en ont fait un art moderne de haut niveau."

Nous pourrions dire que la profession de Viorel Balan, lui-même fils d’un danseur de ballet, se compare à celle de Serge Diaghilev. Responsable du Ballet de Moscou et chargé des tournées de la prestigieuse compagnie, celui qui aurait voulu devenir danseur lui-même se retrouve aujourd’hui à l’arrière-scène et aux rênes de cette institution prestigieuse. "C’est ma soeur, Natalia Balan, qui est finalement devenue danseuse. Mon père a fait carrière alors que le régime communiste vivait une période plutôt difficile en Union soviétique, dans les années 70 et 80. Très jeune, il m’a avoué que les conditions de travail et les tournées dans le pays étaient devenues trop difficiles et que je devais envisager de faire autre chose. J’ai alors choisi cette profession, mais je suis resté dans le ballet!"

Le promoteur est volubile et cette tournée internationale au Canada, qui nous offre Roméo et Juliette de Prokofiev à Québec et qui met en vedette sa soeur cadette, lui tient à coeur. Pas de doute, le ballet est une affaire de famille pour les Balan, sinon même une vocation. En entrevue, l’individu nous dresse un portrait exhaustif de ce qui détermine la supériorité russe dans cette forme d’art chorégraphié directement associée à quelques grands noms de la musique classique tels que Tchaïkovski, Chostakovitch et Prokofiev. "Le modernisme s’exprime dans les chorégraphies et la discipline de nos danseurs, mais les compositeurs ont eux aussi pris des directions inusitées lorsqu’ils ont composé pour le ballet. Avec le communisme, le modernisme et l’avant-garde étaient quelque chose de très délicat, mais l’art, sous toutes ses formes, a évolué sous ce régime politique malgré tout."

Pour cette production, il nous indique que le directeur artistique Andreï Litvinov est resté fidèle à la chorégraphie de Leonid Lavrovsky qui a été créée en 1940 sur une oeuvre composée par Sergueï Prokofiev au courant de l’année 1935. "Même si ce ballet a été mis en scène à quelques reprises à la fin des années 30, c’est avec Lavrovsky que cette oeuvre a pu trouver sa forme idéale. Cette création fut très complexe et parsemée d’embûches. Mais aujourd’hui, la version de 1940 est la chorégraphie sur laquelle toute compagnie se doit de travailler. Andreï Litvinov pose sa signature, mais l’esprit de la création originale demeure. Vous aurez droit à ce qui nous rend fiers: le ballet russe."

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