

Sonya & Yves : Danse contemporaine pour les nuls
Dans le spectacle Sonya & Yves, les danseurs Sonya Stefan et Yves St-Pierre partent en croisade contre les clichés négatifs qui entourent le milieu de la danse contemporaine.
Marjolaine Arcand
Photo : Angelo Barsetti
"Me demandez-vous sérieusement si Sonya peut danser nue? Elle a été formée en danse contemporaine: elle est formée pour danser nue", lance Yves Saint-Pierre à un interlocuteur fictif durant un des intermèdes théâtraux qui ponctuent le spectacle Sonya & Yves. Cette scène illustre parfaitement le regard empreint d’autodérision que portent les deux danseurs contemporains sur leur métier. "On veut démystifier la danse contemporaine. Oui, ça peut être sérieux, poétique et abstrait, mais ça peut aussi être drôle. La danse avec un grand D, ça peut être n’importe quoi", souligne-t-il en mentionnant que certains pas seront même effectués sur un air de René Simard.
Personne ne devrait donc s’y ennuyer à mourir, puisque l’oeuvre colorée est une véritable déclinaison du genre contemporain en plusieurs styles variés: tango, indie pop, jazz… "C’est comme un panorama. C’est très accessible dans la forme puisque si on aime moins l’un des tableaux, on sait qu’on va rapidement passer à autre chose", soulève l’artiste.
Les créateurs ont aussi voulu renverser la vapeur et réaliser les choses différemment, sans faire de compromis sur le plan de leur vision artistique. Tout d’abord, ils ont fait de ce spectacle une production éponyme, une façon pour eux de célébrer les danseurs et d’ancrer leurs noms dans la tête des gens.
Puis ils ont choisi eux-mêmes les chorégraphes. "On a demandé à 11 personnes avec qui on avait déjà travaillé, ou avec qui on avait envie de travailler, de réaliser chacune une chorégraphie de trois à cinq minutes", raconte Sonya. Quelques minutes, c’est un délai bien court pour développer un propos dans une oeuvre. "Mais ils ont accepté. C’est un défi et les chorégraphes aiment les défis", affirme-t-elle. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés avec une liste de chorégraphes talentueux: Mélanie Demers, Chantal Dauphinais, Sarah Febbraro, Mélanie Huot-Lavoie, Paul-André Fortier, Louise Lapierre, Pierre Lecours, Nathalie Morin, Harold Rhéaume, Andrew Tay et Sylvain Poirier.
PAR LA BANDE
Ce dernier est aussi le troisième partenaire de Bande interdite, leur organisme voué à la recherche, à la création chorégraphique et à la diffusion en danse contemporaine. Une occasion pour les trois interprètes de mettre leurs connaissances en commun. Par exemple, Yves a complété une formation en technologies des médias et Sonya vient tout juste de terminer un baccalauréat en production de films, ce qui permet à la bande de réaliser des capsules vidéo afin de favoriser l’accessibilité de la danse. "En région, ce n’est pas facile", précise Yves. Et il sait de quoi il parle puisque le siège social de Bande interdite est situé à Saint-Mathieu-du-Parc. Peut-être moins faciles, les régions… mais tellement plus inspirantes! Parole de trois Mauriciens d’adoption.
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DANSE-O-MATON
Depuis novembre dernier, une drôle de machine se trouve dans le foyer de la Maison de la culture. Un photomaton? Non, mais ça y ressemble. Il s’agit en fait du Danse-o-maton de Bande interdite, une petite cabine capable d’accueillir une personne à la fois et qui, par des oeuvres vidéographiques, fait la promotion de la danse de façon originale et amusante. "Le Danse-o-maton est né grâce à des projets de médiation culturelle avec des maisons de la culture à Montréal, puis on a décidé de s’en servir en pré-tournées", raconte Yves St-Pierre. Les danseurs y ont même installé une boîte à commentaires, pour tâter le pouls des danse-o-mateux, qui semblent apprécier le concept.