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Scène

Ohad Naharin : La danse et rien d’autre

La venue de la Batsheva Dance Company fait partie de ces événements que l’on ne rate pas. Invitée par Danse Danse, elle débarque avec Hora, une oeuvre pour 11 danseurs signée Ohad  Naharin.

Même si Ohad Naharin le précise dans certains documents promotionnels, savoir qu’Hora désigne une danse folklorique israélienne, que cela signifie "heure" en espagnol ou "jambe" en polonais ne nous servira pas à grand-chose pour aborder l’oeuvre créée en 2010 au festival Montpellier Danse. Résolument abstraite, elle laissera à chacun le loisir d’y projeter ses images personnelles. Et quelle que soit notre connaissance de la danse, le chorégraphe israélien nous invite à porter un regard neuf sur cette oeuvre pourtant très connotée.

"Des musiques comme Prélude à l’après-midi d’un faune ou Clair de lune renvoient effectivement à des ballets célèbres, mais je recommande vivement aux gens de ne pas laisser les références guider leur expérience, déclare Naharin, qui a choisi, monté et mixé la bande sonore. Et même si toutes les musiques sont des points de référence très forts, j’ai voulu créer une partition cohérente en soi pour susciter une nouvelle expérience pour le spectateur."

C’est donc à l’arrangeur japonais Isao Tomita, qui fut l’un des premiers à passer de grandes oeuvres dans des synthétiseurs, qu’il a confié la transformation de musiques connues, parmi lesquelles figurent les bandes-son de Star Wars et de 2001: l’odyssée de l’espace.

Côté corps, 11 danseurs vêtus de noir exécutent à fond de train et sans répit des mouvements complexes qu’on pourrait croire issus d’un vocabulaire classique passé au tordeur. Pas une seule fois ils ne quittent l’espace scénique saturé de vert lime.

"On peut penser qu’ils restent sur scène pour répondre à la succession de climax musicaux, mais c’est d’abord parce que c’est un des codes que j’avais établis au départ pour cette création, commente Naharin. Car la danse ne dépend pas de la musique et ne l’illustre pas non plus. Parmi les autres règles de base, j’avais aussi choisi de travailler individuellement avec chaque danseur dans les premières semaines pour créer leur propre partition avant de les réunir tous."

Entre des airs connus déconstruits et réassemblés qui brouillent nos repères et la frénésie d’individualités exprimées simultanément qui oblige le regard à faire des choix, Hora s’annonce comme une aventure plutôt excitante.

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