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Scène

Benoit Ruel / Le père Noël est une ordure : Ne coupez pas

Le metteur en scène Benoit Ruel remet Le père Noël est une ordure au goût du jour en lui donnant une saveur d’humanité. Un doubitchou avec ça?

Film-culte de Jean-Marie Poiré datant de 1982, Le père Noël est une ordure a d’abord été créé pour la scène en 1979 par la troupe du Splendid, où évoluaient Thierry Lhermitte, Anémone, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot, Christian Clavier et Bruno Moynot, qui encore aujourd’hui se font lancer des répliques de leurs personnages par leurs admirateurs.

«J’ai vu le film deux ou trois fois, et pour moi, ça n’a pas été une si grande découverte quand je l’ai vu pour la première fois à 12 ans, se souvient le metteur en scène et cofondateur de [la compagnie], Benoit Ruel. Je l’ai revu il y a deux ans et franchement, ça ne m’a pas vraiment parlé. Quand l’instigatrice du spectacle, Gabrielle Forcier, qui a dû voir le film au moins 1000 fois, m’a approché pour faire la mise en scène, je lui ai suggéré de lire la pièce.»

Campée le soir de Noël, Le père Noël est une ordure met en scène deux bénévoles d’un centre d’écoute, Pierre et Thérèse (Michel-Maxime Legault et Gabrielle Forcier, cofondatrice de [la compagnie]), qui se retrouvent avec une joyeuse bande de paumés sur les bras: Josette la clocharde enceinte jusqu’aux dents (Annie Darisse), son copain Félix (Gabriel Dagenais) et le travesti Katia (Alexandre Bergeron). Au cœur du tumulte, leur voisin monsieur Preskovic (Clément Cazelais) tente de partager avec eux l’esprit des Fêtes.

Que chacun connaissant les répliques du film par cœur les laisse au vestiaire puisque la pièce diffère sensiblement du scénario. Qui plus est, Benoit Ruel n’avait certes pas envie de tomber dans le piège de l’imitation avec sa troupe: «Tant qu’à remonter le film, on fera une projection du Père Noël est une ordure, sinon ça ne sert absolument à rien de monter la pièce.»

«La pièce est encore plus féroce; on est dans quelque chose de plus humain et dramatique, poursuit-il. Ce que je reproche au film, c’est que les personnages sont un peu grossiers, je ne m’y reconnaissais pas, ni les gens autour de moi. Quand j’ai lu la pièce, j’y ai découvert les moments dramatiques qui m’ont fait comprendre pourquoi Le père Noël est une ordure avait été écrite.»

Alors que le film de Poiré s’avérait un feu roulant de gags, la lecture de Ruel permettra au spectateur d’éprouver de l’empathie pour ces personnages esseulés et désespérés. «On ne voulait pas toucher seulement au comique puisqu’il est très présent, parfois même trop, certains gags frôlant la grande facilité. À l’inverse, le drame est aussi très présent tout au long de l’histoire, surtout dans la pièce, il y a une tension qui nous mène vers la tragédie. On est allé dans un jeu beaucoup plus réaliste, le texte est tellement franc qu’il parle de lui-même. J’ai demandé aux acteurs de jouer le drame, même au risque d’être plates. Ensuite, on est revenu à quelque chose de beaucoup plus léger, mais le drame demeure en trame de fond. Certains vont rire, d’autres vont pleurer, je crois», conclut Benoit Ruel.

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