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Scène

Le voyage de Tchekhov à Sakhaline : Ce que pantin peut

Le voyage de Tchekhov à Sakhaline nous transporte dans la Russie du médecin dramaturge, avec le texte de Denyse Noreau et les mains de la marionnettiste Nina Lauren

Anton Tchekhov, tuberculeux, a 29 ans lorsqu’il prend la route de Sakhaline, île de l’Extrême-Orient russe, pour y recenser les bagnards, mais aussi prendre acte de leurs conditions de vie.

Pour Denyse Noreau, qui signe le texte du justement nommé Le voyage de Tchekhov à Sakhaline, il y avait là un humanisme puissant: «En plus du talent: c’est assez rare.»

«Là, il a rempli 10 000 fiches, en trois mois.» Celle qui enseigne aussi le théâtre à l’Université Laval reprend: «Ç’a été pour moi l’élément déclencheur: comprendre ce qui a pu motiver une âme comme lui à entreprendre un trajet aussi difficile.»

Évidemment, un parcours de 6300 kilomètres ne se passe pas sans imprévus, sans aventures, et le texte fera honneur à ce trajet bien particulier.

Mais Le voyage de Tchekhov, c’est aussi une forme bien particulière. En raison des marionnettes qu’on a préférées aux comédiens, d’abord, mais aussi en raison de l’espace scénique choisi.

La nouveauté – parce que c’en est une – est constituée d’un «castelet électronique» mis au point au laboratoire de robotique de l’Université Laval, en collaboration avec le département de théâtre et le Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène (LANTISS). La représentation aura lieu sur une sorte de damier de quatre pieds sur quatre pieds, entièrement robotisé et modulable.

Maquette éventuelle pour des scènes de taille plus grande, l’innovation technique servira ici d’espace de jeu inédit, un défi pour Nina Lauren, qui sera des trois marionnettistes à l’œuvre lors des représentations. «On gagne beaucoup de temps. On a un train, par exemple, puis une gare, et le changement de décor se fait très rapidement. Ça permet un passage plus fluide, sans coupure dans le spectacle.»

Dans un récit qui s’étirera d’ouest en est, le castelet deviendra l’outil idéal pour faire voyager le spectateur. Les marionnettes et leurs pouvoirs étonnants feront le reste: «Quand une marionnette est bien manipulée, c’est fascinant; elles nous attirent, parce que c’est impressionnant de voir un humain insuffler la vie à un objet.»

L’équipe nous garde des surprises pour les représentations. Attention, toutefois: cinq soirs, seulement.