Ne manquez rien avec l’infolettre.
Scène

merZsonaTe : merZ… merZ? Oui, merZ.

Le Club pour l’amélioration de la culture, Philippe Savard en tête, orchestre à Premier Acte sa merZsonaTe. Prière de laisser sa matière grise au vestiaire.

Bon, eeh… à part une graphie étrange, merZsonaTe, c’est quoi?

Parce que ça a tout l’air d’une bien étrange bibitte. Le monteur et metteur en scène de la curiosité ci-nommée, Philippe Savard, nous renvoie d’emblée au travail du poète, peintre et sculpteur allemand Kurt Schwitters, et à ses différentes constructions dramatiques ou poétiques, dont le spectacle est un collage. «Ça ressemble énormément à du Dada; c’est pratiquement du Dada, mais il n’y a pas la philosophie derrière, ce côté beaucoup plus politique, plus engagé.»

Non: ici, on s’amuse. Et sans concession. Entre des manifestations langagières pouvant rappeler Gauvreau et son langage exploréen et des saynètes style théâtre de l’absurde, sept comédiens multiplient des situations loufoques, déroutantes. «C’est drôle… c’est vraiment drôle», poursuit Savard. Et on ne demande qu’à le croire, tant il y a dans sa voix un étonnement sincère, tel Geppetto devant sa sculpture qui prend vie. «C’est même assez surprenant à quel point c’est drôle.»

Ayant pu tester le matériel, Philippe Savard garde en tête des fous rires incontrôlables, des spectateurs qui rient avec une certaine incrédulité, se demandant en fait pourquoi ils rient. «Dans les 10, 15 premières minutes, c’est souvent l’incompréhension totale, on sent que les gens n’ont vraiment aucune idée de ce qui se passe. Mais ça tombe assez rapidement, et on rentre dans l’univers, et c’est ben… ben le fun!»

Le voilà comme un gamin, cette fois. Et ce qu’il nous annonce, c’est une soirée délirante, décalée, et à laquelle on risque évidemment de ne pas tout comprendre. Mais peut-on s’attendre à autre chose de la part d’une troupe qui a le chic goût de s’être appelée «Club pour l’amélioration de la culture», et qui a présenté sa dernière «manifestation merZienne» dans la piscine du centre Lucien-Borne?

«C’est un peu comme de la musique. Je ne suis pas musicien, je ne connais pas les notes ni les règles de composition… mais je suis capable de suivre une mélodie, et de chanter un air. Ici, c’est la même chose: l’important n’est pas de venir comprendre ce qui se fait, mais de suivre l’action.»

Les soirs de représentation, les intellectuels sans relâche et les banquiers sans humour feront bien de se trouver autre chose à faire.