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Scène

35 ans de la LNI : Sortir de soi-même

À l’occasion du 35e anniversaire de la création du match d’improvisation, le directeur artistique de la LNI, François-Étienne Paré, raconte l’entrée dans l’adolescence d’un monde où l’imagination n’a de limites que les bandes de la patinoire de jeu.

Le vendredi 21 octobre 1977, à minuit, 15 comédiens répondent à l’appel de Robert Gravel et d’Yvon Leduc afin de présenter un spectacle participatif où l’improvisation théâtrale sera structurée selon les codes du hockey. Trente-cinq ans plus tard, la Ligue nationale d’improvisation a fait son chemin, semant sur son passage les graines qui permettent à des centaines de jeunes improvisateurs de tenter de séduire le public, qui le leur rend bien, à grands coups de cartons rouges, verts, jaunes, orange ou bleus, de poings fermés ou de mains levées. «Après une enfance où la compagnie s’est développée, pendant les 30 premières années, on arrive à un moment où la LNI a envie de grandir encore plus. J’ai l’impression qu’on atteint l’adolescence. Les bras commencent à pousser», philosophe François-Étienne Paré, directeur artistique et membre de l’équipe des Rouges.

Exploration théâtrale et mutation des membres

Si les règles du jeu n’ont pratiquement pas été modifiées depuis 1977, les équipes, elles, ont connu une légère mutation à l’aube de la saison 2012-2013. En passant de 6 à 4 joueurs par équipe, la LNI entendait favoriser la création théâtrale, déplaçant les protagonistes à l’écart de leur zone de confort. «D’année en année, je leur demande d’offrir quelque chose de théâtral, oui, mais de faire dans un match à peu près tout ce qu’on pourrait voir dans une saison théâtrale. Ça peut être punché, mais il faut aussi sortir de Montréal, de notre époque. Ce qu’on voit au théâtre regroupe différents horizons et j’aimerais qu’un match ressemble à ça. Jouer à quatre a, pour moi, l’effet escompté. Et les joueurs sont étrangement plus relax sur le banc. Quand on est six et qu’on fait très peu d’impros dans un match, on est stressé comme s’il fallait casser la baraque chaque fois qu’on entre en scène.»

De la télé au jeu

De La soirée de l’impro, diffusée à Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec) entre 1982 et 1988, aux soirées au (feu) Medley, puis celles au Club Soda, il n’y avait qu’un pas pour François-Étienne Paré et ceux qui, comme lui, rêvaient de faire partie d’une équipe colorée. «Je ne pensais pas qu’on était capable, dans l’instantané, de faire des mini-pièces de théâtre comme ce que je voyais à la télé. Ça m’a permis de sortir de moi-même et ça continue de le faire. Il n’y a pas beaucoup d’autres places, dans ma vie, où je peux jouer n’importe quoi comme à la LNI», admet le joueur qui y a fait ses premiers jeux en 1999.

Entre la perte de contrôle et l’improvisation mémorable, il n’y a qu’une mince ligne que Paré se propose encore de franchir. «On est sous tension, on ne sait pas ce qu’on va faire, donc on va souvent dans des zones qu’on ne pensait pas explorer. Parfois, on sait un peu où ça s’en va et on garde le contrôle. Mais quand on le perd et que ça se met à déraper, et qu’on réussit à s’en sortir et à faire une improvisation extraordinaire, c’est là tout le génie de ce jeu-là. Et c’est ce qui fait que je continue.»

La saison montréalaise de la LNI se poursuit jusqu’au 12 mai au Club Soda.

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