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Scène

Bruno Heynderickx / Corps de Walk : De terres inconnues

Rencontre avec Bruno Heynderickx, directeur artistique de la compagnie nationale de Norvège Carte Blanche qu’on découvre à Montréal avec Corps de Walk, œuvre pour 12 danseurs de la bouillonnante Sharon Eyal.

Connue comme le loup blanc dans le pays où elle a été fondée il y a près de 25 ans, Carte Blanche s’internationalise depuis que l’ex-danseur belge Bruno Heynderickx en a pris la direction artistique, en 1998. La tournée que la compagnie norvégienne effectue pour la première fois en Amérique du Nord est la plus longue de son histoire. Pour sa venue à Montréal, Danse Danse a choisi une chorégraphie de l’Israélienne Sharon Eyal qui avait galvanisé le public en 2007 avec la sensuelle et débridée Bertolina. Se basant sur la marche dans Corps de Walk  – un titre référant à la notion d’un corps de ballet réinventé –, elle a créé avec son collaborateur artistique et partenaire de vie Gai Behar une œuvre dont les médias ont souligné le caractère à la fois explosif et hypnotique, mystérieux et esthétique.

«En 2006, la compagnie avait remonté une pièce de Sharon qui a créé ensuite Killer Pig pour nos danseuses, commente Heynderickx. Les danseurs l’adorent. Elle est super généreuse et inspirante, elle travaille beaucoup à partir de leur physicalité, et sa gestuelle est un défi d’exécution car elle utilise des styles de mouvements très variés qu’elle mixe parfois ensemble.»

Dans cette œuvre datant de 2011, cette chorégraphe qui se distingue également par une grande maîtrise du travail de groupe utilise donc aussi bien la marche que des figures classiques, robotiques ou une danse plus minimaliste. Un éclectisme qu’on retrouve dans la bande-son d’Ori Lichtik où des fragments de Debussy se mêlent aux pulsations grisantes d’une musique électro ou tribale. Mis en lumière par le Norvégien Torkel Skjærven, ce spectacle met en scène un groupe d’individus aux airs extraterrestres qui semblent avoir fasciné les publics d’Europe.

Alors, bien sûr, on saisit l’occasion de mieux connaître le travail d’Eyal, chorégraphe en résidence à la quasi mythique Batsheva Dance Company. Mais on regrette un peu de ne pas avoir la chance d’une découverte totale avec des signatures d’Europe du Nord. «Le fait que les nuits soient courtes en hiver et longues en été influence indubitablement les chorégraphes, indique Heynderickx. Et la position géographique périphérique des pays scandinaves fait qu’ils subissent moins d’influences et développent une esthétique très particulière, souvent épurée.» Peut-on passer commande aux diffuseurs québécois?

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