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Scène

Le 20 novembre : L’écho des fusils

Mouvement de peur mondial, les tueries en milieu scolaire constituent le mal d’une génération. Un sujet troublant que Brigitte Haentjens exploite en revisitant les écrits de Lars Norén. 

Sacrée directrice artistique du Théâtre français du Centre national des Arts en 2010 dans l’Ontario qui l’a vue évoluer comme artiste des années durant, Brigitte Haentjens y offre maintenant une mise en scène de son cru entre une présentation de sa relecture de L’opéra de quat’sous et des projets en chantier.

Il s’agit d’une adaptation de la pièce titrée Le 20 novembre, texte-choc et anti-rose bonbon du dramaturge suédois Lars Norén. Un artiste qui, dans son travail, présente beaucoup de similitudes avec Brigitte Haentjens. «Comme moi, il s’intéresse à la psychanalyse. Il fait un théâtre politique et virulent.»

Écrit dans l’urgence, Le 20 novembre est un monologue coup-de-poing basé sur une histoire vraie. Un théâtre vivant ancré dans notre société actuelle, une prise de conscience à laquelle donne vie Christian Lapointe, metteur en scène aussi acteur que la femme de théâtre connaît presque par cœur puisqu’elle a été sa tutrice au Conservatoire.

L’histoire de la pièce? Celle d’une fusillade dans une école d’Allemagne, par un jeune homme de 18 ans, en 2008. C’était juste après Dawson et quelques années après Columbine. «Ce genre de situation survient encore, et de plus en plus. Je suis sidérée de voir dans quel climat nos enfants étudient. Pourquoi n’était-ce pas comme ça il y a 30 ou 40 ans?» Un questionnement que propose Brigitte Haentjens sur l’omniprésence de la violence verbale et physique dans nos vies, qui se décline aussi en harcèlement et intimidation. «J’ai envie qu’on réfléchisse ensemble. Mais ce spectacle ne touche pas que nos têtes. On le reçoit aussi sur le plan émotionnel.»

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