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Scène

Face Nord / Montréal complètement cirque : Sauvés par la cloche

Quatre pièces d’homme se jaugent, s’affrontent, s’enlacent et se frappent dans Face Nord, deuxième pièce acrobatique de la compagnie Un loup pour l’homme. Cinquante minutes de puissants et virtuoses corps à corps qui auscultent les relations humaines.

Dans leur premier spectacle Appris par corps créé en 2007 et présenté 200 fois dans le monde, le voltigeur québécois Frédéric Arsenault et le porteur français Alexandre Fray exploraient la confrontation physique entre deux corps masculins. Pour leur deuxième création, Face Nord, Mika Lafforgue et Sergi Parés se lancent avec eux dans la mêlée pour explorer de nouveaux jeux physiques et figures sculpturales musclées.

Un large tatami, bordé de gradins, sert de carré de jeu aux acrobates-lutteurs. La cloche de la récréation a sonné. Comme de grands enfants costauds lâchés lousses dans l’arène, les circassiens testent leurs limites physiques. Ils se percutent, s’étreignent, se grimpent, sautent les uns sur les autres comme sur de gros rochers. Les jeux d’enfants se réinventent en continu pour exprimer la solidarité, la puissance, la lutte et l’abandon.

Tenir debout, éviter le pire et sublimer l’ordinaire. Dans le ring, les règles du jeu sont constamment réécrites. Lorsque les quatre acrobates ferment simultanément les yeux et se cherchent à tatillon pour s’éliminer les uns après les autres, l’innocence magique de l’enfance jaillit. Lorsqu’ils s’appuient les uns sur les autres pour former une pyramide qui défie les lois de l’apesanteur, leur combat devient social, résistant, fraternel. Et lorsqu’ils s’escaladent à la chaîne et jouent sur les lignes verticales et horizontales, la poésie émerge. L’acrobatie devient danse.

Ici, le cirque contemporain ne s’appuie sur aucun texte, récit ou instrument, mais bien sur l’action humaine engagée dans une tumultueuse course à obstacles. La majeure partie des échanges se déroulent en silence. À peine quelques pièces musicales (piano, clavecin déchaîné, opéra) viennent fouetter les troupes. Sans jamais pousser la note de la prouesse, les créateurs dévoilent les rouages de leurs recherches ludiques comme moyens d’apprivoisement des corps et d’apprentissage des codes. Geste social ou individuel… qu’est-ce que l’individu sans le support collectif?

En guise de jeu final, les acrobates décortiquent ainsi l’engrenage d’un mécanisme qui prendra ensuite la fluidité d’un carrousel. Les membres du quatuor harmonisent leurs instruments de jeu. Magnifique.

Jusqu’au 8 juillet

À la Gare Dalhousie (417, rue Berri)

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