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Scène

Ironworkers Local 777 / Montréal Complètement Cirque : La folie des hauteurs

Fabrique Métamorphosis présente Ironworkers Local 777, une rencontre immersive entre les arts du cirque, les arts numérique et la danse. Un spectacle high-tech accrocheur mais inégal.

La formule est ingénieuse: utiliser la satosphère et son dôme de projection sphérique sur 360 degrés de la SAT pour habiller un spectacle multidisciplinaire qui joue sur les hauteurs. Inspirée par les «ironworkers», ces ouvriers du ciel qui oeuvrent à l’érection des buildings, la trapéziste, comédienne et réalisatrice Héloïse Depocas aborde la précarité des équilibristes, à la ville et sur la scène.

Une large structure en échafaudage domine la scène. Bourdonnement sourd et lointain de la ville qui s’éveille. Quatre travailleurs escaladent la structure métallique lorsque plusieurs détonations se font entendre. Les gratte-ciels environnants s’effondrent les uns après les autres. Les corps tombent en chute libre. Apocalypse? Fin d’une époque? L’histoire ne le dit pas. 

Après le cataclysme, les ouvriers reviennent avec leur clés à molette pour la reconstruction. Une suite de tableaux de danse, d’acrobaties et de voltiges se succèdent sur une musique tonitruante pour former un ensemble inégal et parfois confus. À quoi riment ces numéros de trapézistes burlesque et ces chorégraphies de swing et de jazz?

Plus aboutis, les numéros de cirque, comme la roue Cyr et le remarquable duo au mât chinois, se fondent habilement à l’environnement industriel et urbain. Moins bien maîtrisés, les numéros de danse ne font qu’alourdir le court spectacle de 45 minutes. 

Les animations 2D et 3D, éblouissantes, contribuent à créer l’effet de vertige et de danger, notamment lorsque les acrobates réalisent des figures d’équilibre sur la poutre en suspension – beau clin d’oeil à la célèbre photographie Lunch atop a skyscraper dans laquelle des ouvriers mangent tranquillement sur une poutre métallique à près de 100 mètres dans les airs. D’autres animations moins bien exploitées – illustrations anciennes de cirque, intérieur de théâtre, forêt – tombent malheureusement dans la surenchère.

N’empêche, Fabrique Métamorphosis propose un audacieux mélange des genres qui gagnera en homogénéité au fil des recherches et expérimentations.

Jusqu’au 13 juillet 

À la Société des arts technologiques (SAT)

À l’occasion du Festival Montréal Complètement Crique

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