Benoit Lachambre / Prismes : Le plaisir avant tout
Scène

Benoit Lachambre / Prismes : Le plaisir avant tout

Réputé pour la finesse et la profondeur de son travail sur les sens, Benoît Lachambre stimule ceux du public dans l’œuvre ludique et esthétique Prismes, créée pour six danseurs de Montréal Danse.

Au sein de la compagnie Par B.L.eux, qu’il a fondée en 1996, Benoît Lachambre a déjà créé 15 œuvres. Dans la dernière en date, Snakeskins, il se livrait à l’exploration sensorielle des mouvements intérieurs, physiologiques et énergétiques, qui caractérise sa signature et qu’on l’invite régulièrement à enseigner un peu partout dans le monde. Très prisé en Europe, le chorégraphe-interprète a aussi déjà répondu à plus de 25 commandes chorégraphiques. Après le mémorable solo “I” is Memory, écrit pour Louise Lecavalier, il signe Prismes pour la compagnie Montréal Danse.

«J’ai travaillé sur différents prismes de présence en jouant sur les genres masculin et féminin, sur différents codes sociaux et sur le rayonnement du corps, explique Lachambre. J’ai collaboré très étroitement avec l’éclairagiste Lucie Bazzo sur la façon dont la lumière interagit avec les corps, comment elle les transforme, comment elle laisse des traces dans la rétine et permet d’atteindre une certaine émotivité. On est entre l’illusion et le rêve.»

Entre couleurs complémentaires, jeux d’ombres et contrejours, l’habillage très esthétique de la pièce stimule l’œil du spectateur pour l’amener à s’interroger sur sa perception du corps. Entre casques de construction, toges de style Art déco, costumes sexy, évocations de divas, de divinités en colère, etc., les images remettent en question, quant à elles, la représentation du corps dansant tout comme – et c’est là la plus grande surprise que nous réserve Lachambre – la juxtaposition de vocabulaires gestuels classique, moderne, quotidien et contemporain.

«Je me suis défait de mes propres jugements pour aller dans une forme de naïveté, d’innocence et dans le kitsch bonbon pour le plaisir. J’ai osé utiliser des lignes plus conventionnelles, un langage plus populaire et un discours accessible sur les sexe-symboles, ce qui m’a fait du bien au cœur et à l’esprit. C’est une autre façon de traiter les sens. Je poursuis totalement ma recherche, mais avec un désir plastique plus poussé et assumé.»

La création de cette pièce qu’on nous annonce pleine d’humour et d’impertinences s’est déroulée sur trois ans. «J’ai pu approfondir mes idées, superposer plusieurs couches de travail et de lecture, et j’ai profité du précieux soutien de la super belle équipe de Kathy Casey», se réjouit Lachambre.

De fait, les deux grandes forces de Montréal Danse, qui passe commande à des chorégraphes d’horizons très variés, sont l’œil avisé et l’implication de sa directrice artistique dans l’accompagnement des créateurs, ainsi que la personnalité et la polyvalence de ses danseurs. Dans la distribution de Prismes, on trouve la puissante Elinor Fueter, la sensitive Annik Hamel et la charismatique Rachel Harris. On se réjouit également du retour des talentueux Sylvain Lafortune et Peter Trosztmer, qui portent en eux tout un pan de l’histoire de la danse québécoise, ainsi que de l’arrivée de Manuel Roque, ex-Circassien qui s’impose avec force dans le paysage chorégraphique depuis quelques années. À eux seuls, ils valent le déplacement.

Du 16 au 19 octobre à l’Agora de la danse

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