Virginie Brunelle / Foutrement : Parental Advisory
Scène

Virginie Brunelle / Foutrement : Parental Advisory

Foutrement, c’est un triangle amoureux qui déchire, un cri de détresse. C’est cru, ça fait mal. C’est tiré d’une histoire vraie.

Au bout du fil, Virginie Brunelle rayonne. Voix souriante, rires dans la voix. C’est fou comme on ne s’habitue pas à pareil contraste entre un artiste et son œuvre, dérangeante et violente, dans le cas de cette chorégraphe de Montréal qui, pourtant, a un tel sens du punch humoristique hors salle de répét’. La petite sœur spirituelle de Dave St-Pierre qui, malgré des dehors hop la vie, crée comme on meurt de chagrin, se coupe la peau des poignets pour changer le mal de place. Ses œuvres sont intenses et les images qu’elle bricole sont difficiles à oublier, comme avec Le complexe des genres présenté à Québec à la Salle Multi de Méduse l’an dernier, sa troisième production.

Mais Foutrement, c’est l’œuvre qui précède toutes les autres. Sa deuxième, tout juste après Les cuisses à l’écart du cœur qui l’avait révélée en 2008. Trouve-t-elle bizarre de déterrer une vieille histoire, une création qui tourne autour d’un ex pas trop fin  mais qu’elle ne veut pas démoniser pour autant? Non, pas tellement. «En danse, on n’a pas la chance de jouer souvent une même pièce, de s’épuiser, de se tanner de la faire. La demande n’est pas si grande.»

Exutoire

«Cette pièce-là vient d’une histoire et d’une émotion vraies. C’est ma pièce la plus narrative, on comprend bien le propos, le thème. Ç’a été l’fun à transposer, parce que j’étais vraiment en détresse au début de la création.»

Et même si elle transpose ses histoires de cœur sur ses danseurs, même si elle s’avoue control freak, Brunelle vous dira qu’elle laisse quand même place à la personnalisation pour ses interprètes, trois danseurs athlétiques répondant aux noms d’Isabelle Arcand, Simon-Xavier Lefebvre et Claudine Hébert qui lui sont fidèles en plus de lui inspirer une gestuelle très singulière. «Il y a quelque chose de récurrent qui revient dans toutes mes pièces. […] Les épaules vers l’intérieur, des positions que je vais classifier de "pas belles" dans l’esthétique de la danse classique où on cherche l’élongation, des corps très droits.» Une laideur volontaire qu’elle casse avec des pointes imposées aux deux femmes.

Est-ce là la base de son vocabulaire chorégraphique? «Il y a quelque chose qui s’est écrit dans cette pièce-là, quelque chose qui s’est encodé», répondra-t-elle en toute lucidité.

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