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Carrefour de théâtre / Crystal Pite : Shakespeare – La Tempête (Remix)
Scène

Carrefour de théâtre / Crystal Pite : Shakespeare – La Tempête (Remix)

Kaytranada le fait avec les chansons de Justin Timberlake, Crystal Pite le fait avec une pièce de William Shakespeare. En 2014, et plus que jamais, les remixes n’appartiennent pas qu’au monde de la musique électro-pop.

À l’heure où les jeunes créateurs de Québec (Patenaude, Robin, Pelletier et cie) se paient le luxe des relectures contemporaines au sous-sol du Cercle dans le cadre des OFF Classique, Crystal Pite se prête à un exercice franchement semblable. Avec The Tempest Replica, la chorégraphe vancouvéroise s’amuse à déconstruire la pièce pour mieux la reconstruire. C’est, grosso modo, ce qui est écrit dans la brochure du Carrefour international de théâtre.

Indémodable de la littérature occidentale, The Tempest a pourtant été écrit en 1611. Ça, c’est trois ans après la fondation de la Ville de Québec par Champlain. Comment se fait-il, alors, que les créateurs la reprennent encore? « Je ne suis pas surprise de voir que les artistes de notre ère retournent à cette histoire qui parle de l’être humain et de ce que ça signifie d’être un être humain, lance Crystal Pite. Ces personnages sont devenus presque mythologiques parce qu’ils représentent des choses qui se cachent au fond de chacun de nous. »

Présenté à Frankfort, Londres et New York depuis sa création en 2011, ce spectacle de Crystal Pite a un effet rassembleur. Plus accessible que d’autres pièces de danse contemporaine par sa structure narrative, The Tempest Replica réussit à charmer les néophytes un peu partout en Amérique du Nord, ces dernières années. Du moins, c’est ce qu’a remarqué la principale intéressée. « C’est sûr que c’est plus séduisant. Les gens sont toujours à la recherche d’une signification ou d’une histoire. D’un autre côté, je n’ai pas voulu verser dans la facilité pour autant. »`

Décliné en deux parties – l’une pour raconter l’histoire et l’autre pour l’étude des personnages – le propos de la pièce jongle entre passé et présent. Mais le concept est poussé plus loin encore. Le vocabulaire chorégraphique est, lui aussi, inspiré de la danse d’hier et d’aujourd’hui. « J’ai un bagage en danse classique, j’en ai fait dès l’enfance et j’ai été danseuse pour une compagnie de ballet classique pendant quinze ans. The Tempest Replica est définitivement un mix de plein d’influences. De street style, de contemporain, de ballet. C’est difficile pour moi de mettre un doigt dessus. »

Drôle de coïcidence, Crystal a aussi travaillé auprès de Robert Lepage pour sa version de The Tempest qu’il avait présentée au Grand Théâtre de Québec dans le cadre du Festival d’opéra de 2012. « Je travaillais sur ma propre version quand Robert est venu me chercher. C’est un drôle de hasard. […] J’étais tombée sur le livre en procrastinant sur un autre de mes shows. » Comme quoi, la flânerie porte aussi ses fruits.

// The Tempest Replica

29, 30 et 31 juin à 20h

Grand Théâtre de Québec