Un certain nombre / Théâtre Niveau Parking : Sans Fioritures
Scène

Un certain nombre / Théâtre Niveau Parking : Sans Fioritures

Ensemble, Jean-Michel Déry, Michel Nadeau et Jack Robitaille ont des allures de premier trio. La recrue devenue joueur étoile, le capitaine, le vétéran. L’analogie sportive n’est presque pas maladroite.

Revenir à la base du théâtre, aux sources, au jeu brut. Pas de projections, ni de vidéaste en coulisse pour imiter les influents Berlinois de Gob Squad, exit les éclairages compliqués. L’essentiel de ce spectacle-là c’est le texte et les acteurs qui le défendent. Comme au Conservatoire ou au Théâtre de la Licorne à Montréal.

Dans Un certain nombre, ils sont deux sur scène et se relancent la balle constamment pendant une heure sans temps mort. Jean-Michel Déry joue le fils et Jack Robitaille campe le père dans cette pièce montée comme un suspense, un huis-clos imaginé par l’auteure britannique Caryl Churchill en 2002. Le metteur en scène Michel Nadeau nous en décrit les prémices : « Quand la pièce commence, le fils dit à son père « écoute, l’hôpital m’a appelé et puis et ils ont découvert les archives d’un vieux médecin, un chercheur, un savant et ils se rendent compte qu’il y a eu entre dix et vingt clones ». Ensuite il dit à son père « ç’a l’air, à ce que j’ai compris que je ferais partie de la batch, que je serais pas le fils originel ». » Il ajoute ensuite que leurs répliques, quoi que franchement difficiles à apprendre, donnent lieu à « un exercice de virtuoses ».

 

Fabriquer des enfants

Nul besoin de préciser qu’il s’agit là d’un récit à forte connotation philosophique qui questionne la valeur de la vie, le clonage et l’aide àla procréation. Un thème extrêmement riche qui dérange et suscite les passions selon Robitaille. « Tout ce qui touche à la génétique est matière à débat, comme les mères porteuses ou la fécondation in vitro. Donner la vie c’est quelque chose d’extrêmement grave. C’est pas triste, c’est même joyeux, mais c’est essentiel. Donc, dès qu’on parle de ça on touche à des cordes très sensibles, à des cordes éthiques. »

Résolument contemporaine – et peut-être un brin prophétique – la pièce a toutefois quelque chose de surréaliste. Oui, le clonage humain est possible. C’est un fait. Mais comment faire pour se préparer à jouer ce que très peu de mortels ont vécu outre les membres du mouvement raélien? « C’est un défi et c’est ça qui est le fun, de partir dans quelque chose qui se peut pas.» Le repère émotionnel de Jean-Michel Déry devient donc l’adoption ou, plus précisément, le sentiment ressenti par ces gens qui apprennent qu’ils n’ont pas été élevés par leurs vrais parents après avoir atteint l’âge adulte. Comment réagit-on quand toute notre existence est basée sur un mensonge?

 

Du 18 au 29 novembre

Théâtre Périscope

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