Le dénominateur commun / Geoffrey Gaquère : Le grand vertige
Rentrée culturelle hiver 2015

Le dénominateur commun / Geoffrey Gaquère : Le grand vertige

Un multivers théâtral où la réflexion, l’imagination et les sciences s’allient pour tenter de comprendre le vertige dans lequel nous vivons et créé à la suite de rencontres foisonnantes entre des auteurs et des scientifiques: c’est ce que Geoffrey Gaquère propose avec Le dénominateur commun.

Marcelle Dubois a donné carte blanche à Geoffrey Gaquère pour un projet d’écriture lors du Festival du Jamais Lu 2013 alors qu’il assurait avec elle la codirection artistique. Par rapport à cette grande liberté, l’homme de théâtre s’est tourné vers des questions fondamentales de l’existence humaine: qui sommes-nous, d’où venons-nous et où allons-nous? François Archambault et Emmanuelle Jimenez ont été invités par Gaquère à rencontrer une théologienne, un généticien, un psychologue et un physicien des particules pour qu’un processus d’écriture s’amorce à partir des réponses données et des échanges.

«Pour moi, ce qui était aussi important dans cette démarche-là, outre le fait d’inviter ces auteurs à quitter la solitude de leurs bureaux et de rencontrer du monde, c’était vraiment de partir d’une démarche qui s’apparente beaucoup à celle de l’époque de la Renaissance, de l’époque des Lumières, où on ne disait pas "la science", mais "les sciences", et où l’art en faisait partie. C’est-à-dire que la façon d’appréhender le monde, les mystères dans lesquels on évoluait, on vivait, ne s’appréhendaient pas avec juste une branche – la science –, mais avec différentes formes savantes.»

C’est le théâtre qui a constitué le territoire adéquat afin que dialoguent entre elles les disciplines et s’explorent des sujets tels que le Big Bang, la fin de l’humanité, le vide, le hasard, les trous noirs, le grand mystère de l’existence dans l’Univers… La théorie et l’explication scientifique sont pourtant loin d’être le noyau de la pièce. Il s’agit plutôt de faire ressentir au spectateur «le vertige, le grand frisson, la grande émotion de savoir que, finalement, nous ne sommes que de très petites choses dans la complexité dans laquelle on vit», ce qu’a vécu l’équipe de création. La place sera donnée aux mots et au texte, matière première du spectacle. Benoît Dagenais, Muriel Dutil, Maxim Gaudette et Johanne Haberlin s’interrogeront, évoqueront ce qui était, ce qui est là et ce qui pourrait être.

«Je pense que ça fait du bien d’aller dans des zones de notre cerveau où on ne va pas beaucoup et dans lesquelles on ne nous invite pas beaucoup à aller celles des questions métaphysiques, de l’espace, de l’Univers. On est beaucoup dans le matériel ou dans le virtuel, mais on est très peu dans l’existentiel, dans le philosophique; on est très peu dans la pensée.»

Le dénominateur commun est un spectacle lumineux, aventurier, drôle et ludique, aidé d’une mise en scène minimaliste qui verra grandir et disparaître de petits univers théâtraux présents dans un plus grand tout. Une invitation à revenir ensemble à l’essentiel.

Du 13 au 31 janvier à La Licorne